zo6 HISTOIRE DU CONCILE
,41 z. publié par ordre de PUniveríìté Sc approuvé par elle. On va voir
quel fut le résultat de ces démarchés.
fikncê''sur les XXVII. 1 l y a v o i t long temps qu’une Doctrine aussi perni-
propofitions Lieuse que celle de Jean Petit dans son Plaidoyer pour le Duc de Bour-de Jean . gogne auroit été censurée & proscrite, par autorité publique, sans lepetit. pouvoir tyrannique & l’humeur violente de ce Duc. Pluiïeurs per-sonnes doctes & bien intentionnées se plaignoient d’un silence si pré-judiciable à l’Eglise & à l’Etat. " En mon particulier, dit le Moine,, de St. Denys , j’avois plusieurs fois témoigné beaucoup d’étonne-„ ment de ce que l’Evêque de Paris & l’Inquisiteur de laFoy avoient,, négligé d’entreprendre une cause si préjudiciable aux bonnes„ mœurs Sc au service de Dieu, mais onm’avoit toujours répondu que,, la formidable autorité du Duc de Bourgogne les avoit empêchez Lc„ qu’ils avoient agi prudemment de laislèr cette peste comme ensevelie,, dans un profond silence plutôt que dehazarder de la voir autoriser par„ le crédit de ce Prince.
En effet toutes les tentatives qu’on avoit faites jusques alors pourpunir un asiàssinat commis avec d’autant plus de perfidie que troisjours auparavant, les Princes avoient communié ensemble, Sc s’étoientjuré une amitié fraternelle. Le Duc de Bourgogne avoit lui-mêmeavoué son crime Sc s’en étoit fui dans íà Flandre (r), pour se mettreen état de défense en cas qu’il fût poursuivi. S’étant trouvé ensuiteen conférence à Amiens avec Louis Roi de Sicile, Sc le Duc de Ber-ri Oncle de Charles VL pour trouver quelque voyc Raccommode-ment, cette entrevue ne servit de rien , \>arce que Jean Petit Sc àeuxautres Docteurs qui s’y trouvèrent soutinrent le fait du Duc de Bour-gogne. Les Princes cependant lui défendirent dc la part du Roi devenir à Paris, s’il n’y étoit mandé. 11 y vint pourtant, mais bien ac-compagné , Sc à la grande joye des Parisiens qui l’aimoient autant qu'ilsavoient en horreur la mémoire àìiDncá'Orléans parce que les Bourgui-gnons leur avoient fâit entendre, qu’il étoit auteur des Impôts qu’on met-toitsur le Peuple. Quand le redoutable Bourguignon fut arrivé à Paris, ilobtint audience du Roi, en présence du Dauphin, du Roi de Sicile, duCardinal de Bar } des Ducs de Berri , de Bretagne Sc de Lorraine , avecquantité de Noblesse, le Recteur de l’Université, Sc bon nombre de Doc-teurs Sc de Bourgeois. Jean Petit plaida la cause du Duc amplement,Sc le représenta comme le Libérateur de la Patrie, Sc le Duc d 'Or-léans comme un tyran, un monstre abominable. Ce Discours avouépar le Duc excita l’horreur de tous les gens de bien. Mais il fit une
(i) II étoit Comte de Flandre.
W Vahntmt fille de Jean Galeajfe Duc de Milan.
( 3 ) Jean Comte d 'Angouleme.
( 4 ) Cí'est (finsi que l’appelle Juvénal des XJrJìns, Hist. de Charles VI- p. 195 Monstre-Ut l’appcllc l’Abbé de Se. Fiacre de l’Ordre de St. Benoit, Chron, Vol. I, p, Mr. te
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