DE CONSTANCE. Lxv. I. if
mais qui a puisé à Prague dans de fort bonnes sources, en a fait ce 14*4-’portrait. II étoìt, dit-il, plus subtil qu'éloquent , mais la modestie &la sévérité de ses mœurs, fa vie rude, austere & entierement irreprocha- , ■
ble , son visage pâle & extenué, sa douceur & son affabilité envers toutle monde, même jusqu'aux moindres personnes, persuadait plus, que la,plus grande éloquence (r.).
II n’y a rien qui découvre mieux le caractère des hommes que lesLettres qu’ils écrivent à leurs amis particuliers, fur tout dans de cer-taines conjonctures délicates, où l’on parle à cœur ouvert dans l’es-perance du secret. Les Lettres que Jean Hus écrivit de Constance àPrague étoient de ce caractère. 11 n’avoit pas dessein qu’elles fussentrendues publiques pour s’en faire honneur. Au contraire il recom-mandoit très-particulierement de ne les montrer à personne, de peurqu’elles ne fissent des affaires ou à lui, ou à ses amis. On trouvera, àk vérité, dans ces Lettres beaucoup d’emportemçnt contre l’Eglise ,ou, contre le Clergé de Rome en général, & contre ses Juges enparticulier. Mais il ne faut que la fuite de cette Histoire, pour luiservir d’apologie à cet égard. Du reste, il n’y a aucune personnedesinteressée, qui ne remarque dans toutes ses Lettres une pieté, unecandeur, une simplicité, un zélé, une charité, une constance £cune grandeur d’ame dignes des Siécles Apostoliques. C’est ce qu’onpourra reconnoître à mesure qu’on donnera les extraits de ses Lettres,ou, ses Lettres entieres.
11 se trouva dans des conjonctures três-favorables pour faire valoirtous ses divers talens. L’Université de Prague (3) étoit alors floris-sante par le grand concours d’Ecoliers qui y venoient de toutes parts.
Jean Hus y avoit passé par tous les degrezd’honneur,à la réserve decelui de Docteur que je ne remarque pas qu’il ait eu. Dès l’an r 393.il fut fait Bachelier, Maître aux Arts en 1396. Prêtre & Prédicateurà Bethlehem en 1400. Doyen de la Faculté Théologique en 140x.
St Docteur de l’Academie en 1409. C’est ce que l’on trouve écrit deíâ propre main dans les Archives de l’Université.de Prague (a), Ca) op. ms.où il eut beaucoup d’auterité, Lc où il signala son Rectorat par le s’J^Etit Rerbon ordre qu’il y apporta. E^.'p. 403.^'
XXL I l n’étoit pas moins considéré dans l’Eglise que dans I’Aca- Suite de l’af-demie. II fut donné'en 1400. pour Confesseur à Sophie de Bavière se- kà du Huf-conde femme de ÍPencestas, Princesse d’un grand mérite, St sur l’csprit sltiìme -de laquelle Jean Hus eut beaucoup d’afcendant (b). Ce fut par la fa- (b ) Dââveur de cet te Reine, aussi bien que par son propre mérite, qu’il se fit ^.supr.p.^n;bientôt de puissants amis a la Cour. Salbinus avance fans preuve,
. . qu’a-
„ exbausia fades , lìmgum corpus &c. Bohusl. Balbinus Fait. Rer. Bóh.
ii. IV. C. V. p. 43 s.
, ( 3 ). Elle fut fondée par Charles IV. en 1347. fous îe Pape Ckmer.t VI. cornue Ietémoigné Balbmos qui avoit ni l’Acte original' de cette fondation. apit, Sur,E<rh. p. aT O M. I. r i