Mt4-
(a) Op. Hus.Y. I. Fol-
XLljl
50 HISTOIRE DU CONCILE
Jean Hus > qui dans cette occasion n’épargna ni le Pape ni le Clergé»íe mit à dos la plus grande partie des Ecclésiastiques. C’eitcequi paroîtpar une Lettre qu’il écrivit en 1411. au Collège des Cardinaux (a).
A peu près en ce même temps il arriva une autre affaire qui lui sirquantité d’ennemis en Allemagne, 8c c’est ce qu’il faut développerici en peu de mots, pour savoir à fond l’origine de tous ces troubles.L’Empereur Charles 1 F. ayant fondé eh 1347. l’Université de Pra-gue, fur le pied de celles de Paris 8c de Boulogne, il la partagea Tan-née suivante en quatre Nations, savoir celle de Boheme, qui com-prenoit la Hongrie, la Moravie, 5 c TEsclavonie, celle de Bavière,celle de Pologne, ôc celle de Saxe, qui toutes trois étoient comprisesíbus le nom de Nation Allemande. Selon le plan des deux Universi-tés, dont on vient de parler,ceux du Pais dévoient avoir trois voix,5 c les étrangers une feule dans les délibérations de T Académie. Maisnuhravilis a comme les Allemands étoient en plus grand nombre dans TUniversi-té que les Bohémiens, qui negligeoient alors beaucoup les études, lespremiers s’étoient insensiblement emparez des trois voix, 8c par mê-me moyen de tous les profits de TUniversité. Jean Hus (b) voyantque quelques-uns de ses Compatriotes, comme Jeròme de Prague 8cJean de Z'wikowics , fupportoient impatiemment cette supériorité desétrangers, fe joignit à eux pour demander à la Cour que, suivant lapratique de TUniversité de Paris 8c TOrdonnance de Charles quatriè-me. ^
embrouillé cefait. Hist. Boh.p. 614.
(F) Balb. p.418.
(c) D uhrav.ab. jup.
, ceux du Païs eusient trois voix contre une feule que dévoientavoir les autres, Dubravius (c) a prétendu que Jean Hus entrepritcette affaire par jalousie contre un Allemand qui avoit emporté fur luiquejque Bénéfice auquel il afpiroit. Mais comme je ne trouve ce faitdans aucun ancien Auteur, je me contente de le rapporter pour nerien omettre de ce qui peut faire pour ou contre Jean Hus. Ce futl’onzieme de Mai de 1408. que Jean Hus prit occasion de s’explt-quer publiquement fur la prétention des Bohémiens, lorsque TUni-versité étoit assemblée pour élire un nouveau Recteur. 11 prit aveclui pour le soutenir neuf ou'dix Maîtres en Théologie, entre leíquelsétoient Jerome de Prague , Prezibram , Pierre de Dresden , Jacques deMise ou Jacobcl. L’affaire des trois voix fut plaidée à la Cour avec... beaucoup de chaleur de part 8c d’autre. On accuse même Wenceflas
fie une oye°en Roi de Boheme de n’avoir pas été fâché de ce procès, parce qu’il yBohémien. trouvoit son compte, chaque parti n’épargnant point Targent pour(e) Le procès aV oir le dessus. Ce qui faisoit dire en riant à ce Prince intéressé, qu’ilommença au avQ j t trouvé une bonne oye (d), qui lui pondoit tous les jours un honnombre d'Oeufs cf or & d’argent. (e) On dit même que pendant que leprocès touchant le Rectorat pendoit le Roi établit Recteur son Maî-tre de Cuisine (f). Cependant Jean Hus , qui avoit du crédit à la Cour,
5 c
(i) Elle est datée du 13 d’Oâtob. 1409. On peut la voir dans Balbinus qui l’a tiréedes Archives de i’Université de Prague p. 418.
(i) Mneas Sylvius en marque 5000. Tritheme 2000. Cochlaus autant. Dubravius plus dea 4000,ériges 40000. Lupacius 44000, £<ï»<fa Contemporain Lr cité par Balbinus 36000.
covnmençmois de Maide l’année pré-cédente. Bat-bm. p. 418.
(f) Walpur-ger pag. 15. &Seyfrkd. p, zy.