1414 *
JEneas Sylvius jâ^CS de
Cap. z;.
Zr HISTOIRE DU CONCILE
n’ayant plus à craindre la contradiction des Allemands, commencè-rent à dogmatiser plus ouvertement contre le Clergé, suivant les:J ~“ dont ils faiidient de grands éloges. Jean Hus, qui
Raynald. an.140p. n. 8p.iP- Ì9 6 -
Op. pus. Fol.Çj. 86. 87.
pour lors fut élû Recteur, en parloit hautejnent comme d'un Saintdans ses Leçons publiques & dans les Sermons qu’il faisoit à Praguedans fa Chapelle de Bcthlehem,, & son zele joint à là capacité attirè-rent bien-tôt dans son parti la plus grande ct qui même paffoit pourla plus faine partie de la Boheme, malgré toutes les oppositions duClergé. L’affaire étant venue à la connoissance d 'Alexandre V. cePape ordonna à Sbynko Archevêque de Prague de faire ses diligences .pour arrêter le progrès de ces nouveautez. En conséquence de cetordre, l'Archevêque fit brûler les Livres de Wicief. Cette exécu-tion se fit en 1410. Dès l’année précédente le même Archevêque, furla dénonciation des Allemands avant leur départ, avoit ordonné àtous les Docteurs, Maîtres & Bacheliers, auifi bien qu’à tous les Gen-tilshommes & Citoyens , qui pqsscdoient des Livres de Wicief de les •apporter au Palais Episcopal. Mais comme cet ordre étoit contraireaux- Privilèges de T Université aufiì bien qtTau Droit de Régalé duRoyaume on en appella à Grégoire XII. qui défendit à Sbynko de pouf-fer plus loin cette affaire- L’Archevêque non. content de faire brûlerles Livres de - Wicief, comme il fit en 1410. défendit aux Curez deprêcher dans les Chapelles, même privilégiées par le Siégé Aposto-lique. Comme cette défense regardoit particulièrement Jean Hus ,,ct fa Chapelle de Bethleem il en appella (1) au nom de TUniversité àJean XXIII. qui avoit succédé à Alexandre V. Jean XXIII. ayantfait examiner Taffaire par ses Docteurs, le plus grand nombre futd’avis que TArchevêque de Prague n’avoit pas été en droit de fairebrûler les Livres de Wicief, contre les Privilèges de TUniversité quirelevoit immédiatement du Siège de Rome. Cependant quelquesennemis de Jean Hus ayant fait entendre à ce Pape qu’il enseignoitdes hérésies à Prague, il le cita à comparoître à la Cour de Rome,qui étoit alors à Boulogne. Mais le Roi & la Reine, les-Seigneurs,TUniversité, ct la Ville de Prague députèrent en Cour de Rome.,pour prier le Pape de dispenser Jean Hus d’y compaioître en person-ne: d’un coté parce qu’rl avoit été ciré sur de fausses accusations, ctde Tautre, parce qu’il ne faisoit pas sûr pour lui d’aller à Rome, àcause des ennemis qu’il avoit en Allemagne. Sbynko lui-même écri-vit par ordre du Roi à Jean XX 11 I. tant pour le prier de dispenserJean Hus de comparoître, que pour lui rendre témoignage, qu’il
n’y
(1) Voyez l’Actc d’appel daté du r;, de Juin 1410. parmi les Oeuvres iejean Hus.Fol. 90. verso.
(z) Jean Hus allégué ici plusseurs passages des Pseamr.es où David comme Typede J. C. implore le secours de Dieu contre ses ennemis.
(3) André Evêque de Prague mourut à Rome exilé l’an iziq, en odeur de sain-teté. II eut de grands démêlez, avec Prze-myjhs Roi de Boheme, qui l’obligèrent pardeux fois à se retirer à Rome, Mais il ce paroît point qu’il ait appellé à Dieu que
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