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4 o HISTOIRE DU
ce même temps,il écrivit à son Troupeau de Bohême (apparemmentde Prague) (i) immédiatement avant ion départ une Lettre qui méri-te qu’on en donne le précis, i. II les exhorte à demeurer coniìansdans la Doctrine qu’il leur a fidèlement enseignée, z. II leur apprendqu’il part avec un Sausconduit du Roi,ce qui ne peut s’entendre quede Wencejlas , comme cela se verra dans son lieu, cum Litterìspublic#fideì à Rege mìhì datìs. z. II dit qu’il s’attend à trouver dans le Con-cile plus d’ennemis que J. C. n’en eut à Jérusalem, premierement dela part des Evêques & des Docteurs, puis de la part des Princes Sécu-liers & enfin de la part des Pharisiens (ce font les Moines). 4. IIprie le Seigneur de lui donner la force de perseverer dans la Véritéjusqu’à la fin, résolu de souffrir le dernier supplice plutôt que de tra-hir l'Evangile par aucune lâcheté. 5. 11 demande à ses amis le se-cours de leurs prières, asinque, s’il est condamné, il glorifie Dieupar une fin Chrétienne, ou que s’il retourne à Prague, il y retourneinnocent, & fans avoir fait aucune démarché contre la conscience,pour travailler avec plus de zélé que jamais à extirper la Doctrine de)'Antéchrist . 6. II dit qu’il avoit bien résolu d’aller à Prague avant
que de partir pour Constance,afin de convaincre ses ennemis de faus-seté, mais que le temps ne le lui avoit pas permis. 7. II parle deson retour d’une maniéré fort incertaine (z), résigné à la volonté de'Dieu, & même joyeux de mourir pour íà cause. Cette Lettre écriteen Bohémien fut traduire en Latin, & falsifiée par ses ennemis, quil’envoyerent à Constance, où l’on peut juger qu’elle ne diípoíà pasle monde en fa faveur.
Etant arrivé à Nuremberg il écrivit à fes amis une autre Lettre,datée du zo.d’Octpbre,où il leur rend compte de son voyage. Quoiqu’elle ne contienne rien que de fort innocent, il a plu à l’HistorienFrançois du grand Schisme d’Occident d’y donner un tour si mali-cieux, qu’à Pentendre parler on prendroit Jean Hus pour un fanfa-ron , & pour un goinfre. J’en donnerai donc ici un extrait fidelle,uniquement pour la vérité de l’Histoire à laquelle un Historien se doittout entier & rien à ses pasiìons,. ni à ses opinions particulières. JeanHits dit dans cette Lettre „ qu’il a toûjours marché la tête levée dans„ toute fi route, fans sc déguiser nulle part, & qu’il a été fort bien„ reçu de tout le monde. Qu’à Pernau le Curé Sc les autres Ec-„ clesiastiques, qui l’attendoient depuis quelques jours, lui firent„ un fort hon accueil: Qu’étant entré dans le poêle, le Curé lui„ présenta, selon la coutume du Pais, un grand gobelet ou autre
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(r) Magister J. Hus rn fpe Sucer dos W Mirtist. J. C. omnibus stdelibus M diletlis Fra.tribus VSororibus qui & qu/LVerbum Del fer me audierunt tjt ac* eperum mijericordiam,&c. U faut remarquer ici en passant que ce ne fut pas de Prague, mais de Ciako-vitz que Jean Hus partit pour aller à Constance.
( 2 ) Jam forte Prag* me porro non nifuri eflis.
(3) Je mets ici le Latin afin qu'on juge si Mr. Maimbourg a été bon Historien.