D E CONSTANCE. Liv. I. fp
pouvoir sc retirer, mais qu’il avoit ordre de faire conduire Jean Hus 1414.en lieu de iureté. Jean de Chlum courut aussitôt au Pape pour lui enfaire des.plaintes, comme d’une violation manifeste de la foi publi-que Sc de fa propre parole. Mais le Pape en rejetta la faute lur lesCardinaux, 6c lur les Evêques, ajoûtant qu’il etoit lui-même entreles mains de ces gens-là. II ne paroît point en effet que le Pape eûtété dans la Congrégation où il fut résolu d’arrêter Jean Hus. Onne iauroit néanmoins fe persuader que les Cardinaux eussent osé exé-cuter une pafeille entreprise à son inlû Lc fans son aveu. Mais com-me il ne pouvoit pas ignorer que Sigismond trouveroit fort mauvaisqu’on eût ainsi violé son oaufeonduit, il fut bien aise de pouvoir di-re, que cette résolution s’éroit prise en son absence,& les Cardinauxapparemment fe sirent fort d’appaíser T Empereur. Quoi qu’il en soit,
Jean Hus fut conduit chez le Chantre de la Cathcd aíe de Constan-ce , où on l’enferma sous bonne garde. Un Manuscrit de Vienne ajou-te qu’on le confia aux soins de l’Evêque de Lausanne (t). CependantJean de Chlum sollicitoit tous les jours son élargissement auprès deJean XXIII , Sc comme il fembloit que ce Pape doutât encore qu’ileût un Saufconduit de Sigismond , quoique les Seigneurs de Bohêmel’en eussent alîûré dés le lendemain de leur arrivée, Jean de Chlumle,lui confirma encore, mais fans lui montrer cc Saufconduit, parcequ’il ne demanda point à le voir, Sc qu’apparcmment il ne fe iou-cioit pas beaucoup d’en être convaincu par íès propres yeux. MaisJean de Chlum le montra alors à quiconque voulut le voir. Afin quele Public soit plus en état de juger de cette.importante affaire, il estbon de lui faire ici part de cette piece.
XIL. Sigismond par la Grâce de Dieu Roi des Romains &c. à Saufconduittous Princes Ecclésiastiques & Séculiers '(Jc. & à tous nos autres Sujets , à l’Empereursalut. Nous vous recommandons d'une pleine affection à tous en généras A d sanb à chacun de vous en particulier, honorable homme Maître Jean Hus, vorìd ht.jv.Bachelier en Théologie & Maître és Arts , porteur des présentes, allant ?> ir.de Boheme au Concile de Constance , lequel nous avons pris sious nuireproteilion (st sauvegarde , (st fous celle de l'Empire , defirans que torsqu'il arrivera chez vous , vous le receviez bien , (st-le traitiez favorable-ment , lui fournissant tout ce qui lui fera neceffaire, pour hâter (st pourajsiûrer son voyage , tant par eau que par terre , sans rien prendre ni delui ni des siens, aux entrées (st aux sorties pour quelques Droits que cesoit , (st de k laisser librement (st sûrement paffr , demeurer , s'arrêter,
(st retourner, en le pourvoyant mime , s'il en est besoin, de bens passe-ports pour f honneur (st le respeil de la Majesté Impériale Donne hSpire le 18. d'Qiìobre de Pan 1414. le de notre Régns de Hongrie,
(st k f.-de celui des Romains. Par or ère du Roi. Et plus bas, Michelde Pacest Chanoine de Ërçstau. Si l’on en juge par la forme de ce
Sauf-
(1) C'étoit Guillaume de Chalrnt Bénédictin qui en 140s).succéda dans cer Evêchéà son Frere Axiome de Chalant, & mourut en 1430, Hifi. Eccl. d’Allsm. Tom, lí. p. 12,3.
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Von d. Hardt.1, IV. f. íiz.