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Tome premier.
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8z * HISTOIRE DU CONCILE

dans les matières de la foi, qu’ilpouvoit procederselon les réglés (servâ*tis scrvandis ) contre ceux qui étoient notoirement atteints d'hérésie , &les juger sielon leur mérité , après les avoir ouïs publiquement j qu'à r égarddes menaces (i) qui avoient été faites, en certains lieux , & en certainsécrits t en faveur de Jean Hus, sia Majesté en avoit défendu Vexécution,& le feroit encore s'il étoit nécessaire , îst qu’il feroit expédier des Passe-ports à tous .ceux qui voudroient venir au Concile. Un fi promptchangement fait assez comprendre'qu’on avoit déja gagné Sigismond,8c que les Ecclésiastiques lui avoient fait entendre, que le Concileétoit en droit de le dégager d’une promesse qu’il n’avoit pû sûre lé-gitimement à un hérétique.. C’est le jugement qu’en fait GebhardDacher {%), témoin oculaire, dans la Préface de Ion Histoire Alle-mande de ce Concile. On persuada, dit-il, à Sigismond ,par de longsâisicours , qu’en vertu des Décrétâtes il étoit disipenfé de garder la foi, à. un homme accusié d’béréfie. Naucler, qui n’est pas fort éloigné de cetemps-là, rapporte aussi, qu'on persuada à Sigismond qu’il ne pour-rait pas être accusié d'avoir manqué à sia parole, par ce que le Concile,qui est au dessus de l'Empereur , »’ayant point donné de Sauf conduit àJean Hus, il n’avoit pas été en droit de lui en accorder un, sians le con-sentement du Concile, siur tout dans des matières de foi, U que l'Empe-reur acquiesça à cette décision, comme un bon enfant de VEglise, On,peut conclure la même choie des propres paroles de l’Empereur. Carparlant à Jean Hus, lors que ce dernier fut examiné, il lui dit, (3)qu’il y avoit des gens qui croyoient qu’il n’avoit pas été en droit dedonner aucune protection à un hérétique, ou à un homme suspectd’hérésie ; Lc il paroît assez en esset que c’étoit là le sentiment du

(a) vJ.tîaràt, Côncile, par deux Décréts (a) qu’il donna pour disculper l’Empereur,ub^fup.p. 521. p Qur dissiper, autant qu’il sc pouvoit, les bruits désavantageux,

qui sc répandoient contre lui au sujet de ce Saufconduit, si indigne-ment violé par l’empriscnnement de Jean Hus. On verra ces Décrétsdans leur temps. D’où il faut conclure, que Jean Hus fut la victi-me, non seulement de la passion de ses ennemis, mais auffi de la foi-blesse & de la superstition de l’Empereur, pour ne pas dire de fa per-fidie. On ne l’en croyoit pas incapable en Boheme, s’il en fàut croi-

(b) op.Hus. r., re une Lettre que Jean Hus écrivit en fa prison, où il dit (b) qu’il,

1. F.pist. 2.3. y avoit des gens qui, avant son départ, lui avoient prédit que cePrin-J* 1 ' 2 ' ce le trahirait, & que pour lui il ne reverroit jamais Prague.

Cependant il paroît par une Lettre que cet Empereur écrivit aux .ÌBohemiens en 1417. que ce fût malgré lui. J’en insererai ici ce quiregarde cette affaire. Elle n’est pas de ces Lettres rudes ou satiri-ques

. (t) Ces menaces avoient été faites par l’Empereur lui-même. Voyez ci-dessusP»g- 73 - •

(i) llle (Hus) Imperatoris [alvq conduítu Jlipatus, à Bobemis Constantiam dedudlu:,ec à Romttna Curia h&restos accufatus est. Cajar quasi, tenore Hecretalium, HuíTo fi-dm datam prastare non teneretur , j mltis v.erbis persuafus, HuíTo & Bohemis falvi ton?

~ ." ' ' due-