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Tome premier.
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ï 3 Ë CONSTANCE. Liv. I. 109

d'e se plaindre de cet ordre, puisque sa Nation Italienne y jouïssoitdes mêmes prérogatives que les autres, & en même tems on pour-voyoit à la liberté du Concile, qui auroit pû être opprimé par legrand nombre des Partiíans de ce Pontife. On verra dans la fuiteque cet ordre fut mal observé par la Nation Allemande elle-roêmequil’avoit demandé avec le plus d’ínstance.

LXXIV. Ce fut à peu près dans ce temps qu’on présenta secré- Faits allégueztentent une longue liste d’accufations contre Jean XXIII. ïheodoric ^ eande Nient , qui rapporte ce fait, n’articule pas les crimes, qu’on impu- N i em a p. v. d.toit à ce Pape. II dit seulement que cette liste contenoit tons les pe- Hxr. t. 11. p.chez mortels, avec me infinité d'abominations , & qu’on croit que le T. LK

Memoirje fut présenté par un Italien. Jean XXIII. en fut bientôt in- 4formé, & ayant pris l’allarme il assembla en secret les Cardinaux , enqui il avoit le plus de confiance, pour les consulter là-dessus. Quoi-qu’il protestât de son innocence fur plusieurs articles, il en avouoitpourtant aster pour tout appréhender, fi l’on en ver.oit à l’informa-tion qui étoit demandée par ce Mémoire, & sollicitée par plusieursd’entre les Députez des Nations. Dans cette perplexité il proposentd’aller lui-même confesser au Concile les fautes dont il se reconnoif-foit coupable, afin d’éviter l’éclat Sc le scandale d’une informationpublique. II trouvoit cette voie d’autanf plus sûre, que c’étoit unemaxime commune alors, qu'on ne pouvoit déposer un Pape que pour he-resie. Ses Cardinaux ne purent lui conseiller autre chose là.-dessus,si ce n’est de prendre encore quelques jours pour y bien penser , &

puis de faire, à la garde de Dieu, ce qu’il jugeroit le plus à propos.

Cependant il en fut quitte cette fois pour la peur. Le plus grand nom-bre des Députez des Nations, fur tout les Allemands, les Anglois, & lesPolonois(a)tantpour l’honneur du St. Siégé, que par bienséance &C par (a) D lugols.Hifi.honnêteté, ne jugèrent pas à propos qu’on approfondît des accusations Polon. l.xusi atroces & si scandaleuses, qui pouvoient même rendre nul tout ce f' 5<5í ’qu’il avoit fait pendant son Pontificat, si elles fe trouvoient véritables.

On prit donc le parti de supprimer le Mémoire, & on s’en tint àpoursuivre la voie de la Cession. Les Italiens eux-mêmes se joigni- Cerret.ap. v.d.sent aux autres Nations à ce dernier égard, jugeant bien que c’étoit Har ' T \ 1V - ?•le parti le plus honnête & le plus fur pour Jean XXIII , & il fut re- 41 ‘ 4J "fol u de lui en faire la proposition.

LXXV. Toittes les Nations étant donc d’accord là-dessus, O a propose àon lui envoya des Députez, qui ne lui proposèrent d’abord la Cession J eanqu'en termes généraux. Comme il étoit encore effrayé du danper r v sI oie de ,aqu’il venoit de courir, & dont il ne fe croyoit peut-être pas tout^à- Tó. Fev! 'fait délivré, il accepta ce parti avec un air de joie, qui en donna v.’d.Har.T.ir.une très-veritable aux Députez. En effet deg le même jour, il af- P T - u 'sembla une Congrégation génerale où l’Empereur fut présent avec p ' 3p2 " 393 ’tout ce qu’il y avoit alors de Prélats, de Princes, & de Députez desNations. II y fit lire par le Cardinal de Florence une formule de

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