DE CONSTANCE. Liv. II. i r9
gences pendues à son cou, & donnant la bénédiction au Peuple com-me si c’eût été le Pape, ôc que Jerôme brûla ces indulgences de fapropre main. On l’a encore accusé d’avoir foulé aux pieds des reli-ques qui étoient fur l’autel de l’Eglife de Ste. Marie de Prague , endéclamant contre le culte des mêmes reliques, & que deux Moines,l’un Carme & l’autre Dominicain,, ayant voulu s’opposer à cette vio-lence, il fe saisit de l’un, le fit mettre en prison,& jetta l’autre dansla Moldave, où il fe feroit noyé si quelqu’un ne fût venu à son se-cours. 3 i ces faits étoient véritables, une conduite auffi emportée Scauísi furieuse, jointe aux discours qu’il tenoit publiquement dans l’U-niversité , conformément à la doctrine que Jean Hus prêchoit enChaire (3), meritoient qu’il fût cité St qu’il comparût aussi-bien quece dernier. Cependant il n’y eut que Jean Hus de cité. L’Empe-reur & le Pape jugèrent sens doute plus à propos de choisir le plusconsidérable pour répondre air nom de tous, ôc. pour servir d’exem-ple aux autres.
XXII. Lorsqjje Jean Hus fut fur le point de partir de Pra-gue, Jerôme l’exhorta à soutenir constamment ce qu’il avoit avancéde vive voix Sc par écrit, sur tout contre l’orgueil, l’avarice, Sc lesautres déréglemens des Ecclésiastiques, Sc lui promit d’aller lui-même à Constance polir le soûtenir dès qu’il apprendroit qu’il y feroitopprimé. C’est ce qui obligea Jean Hus à prier ses amis, dans quel-qu’une des Lettres qu’il leur écrivait en prison, d’exhorter Jerôme dePrague à ne point venir à Constance,de peur qu’il n’y fût traité de lamême maniéré. Cependant Jerôme voulut tenir fa parole, à quel-que prix que ce fût; Sc il y avoit même des gens à Prague qui trou-voient à redire qu’il tardât si long-tems à aller au secours de sonami, ôc de son compatriote. II arriva à Constance le 14. d’Avrilavec un de ses Disciples, à ce que raconte Reichenthal , qui ajoutequ’ils y entrerent clandestinement, Sc fans que personne s’en aperçût, àcause de la grande quantité de peuple qu’il y avoit dans la Ville.Mais il n’y fit pas un long séjour. Car apprenant qu’on refusoit au-dience à Jean Hus t Sc qu’on machinoit quelque chose contre lui-mê-me, il sc retira avec son Disciple à Uberlingen dès le même jour, se-lon Reichenthal , St deux jours après selon d’autres. On prétend mê-me que fa retraite fut si précipitée, qu’il laissa son épée dans l’hôtele-.rie, où apparemment il s’étoit fait connoître. Car on s’informa aussi-tôt de ce qu’étoit devenu Jerôme de Prague , mais personne n’en putdonner aucune nouvelle, quelque perquisition qu’en fît Reichenthallui-même, qui rapporte ce fait,St qui avoit charge de rendre comptedes Etrangers qui arrivoient à Constance. Se trouvant un peu plusen sûreté à Uberlingen, il écrivit à l'Empereur Seaux Seigneurs de
Bo-
ï4*î:En 14124
Jerôme nepouvant obtc»ni: un Sauf-conduit, fe re-tire de Gons^tance.
iheobal. HuffitlCap. XIV.Reichenthal.p. 204 . -verse, .
(3) Jean Hus étoit beaucoup plus accrédité que Jerôme de P/agut,