* 415 -
ï 6 i HISTOIRE DU CONCILE
que tout le monde fût convaincu des variations de ce Pape. Sigis-mond s’y plaignit que quoique le Pape lui eût fait dire par cet Arche-vêque, qu’il ne s’étott retiré à Schafhoufe que parce que Pair deConstance n’étoit pas sain, 6c non pour aucune violence qu’il y eûtsoufferte, ou qu’il appréhendât d’y souffrir, cependant il venoit d’é-crire tout le contraire de Lauffenberg, surquoi il pria l’Archevêquede rendre témoignage à la Vérité. Ce Prélat déclara, „ qu’après„ la retraite du Pape il a volt été député à Schafhoufe de la part des„ Ambassadeurs du Roi de France, 6c qu’y ayant trouvé le Pape , il„ avoit exposé les ordres qu’il avoit reçus de ses Collègues d’Ambas-„ fade. Que là-dessus le Pape lui commanda de ne se point retirer,„ qu’il ne lui eût donné lui-même ou fait donner,par le Cardinal de„ Challant , quelque Commission pour l’Empereur son très-cher fils,,, 6c pour tout le Concile. Qu’en effet le Cardinal de Challant l’é-„ tant venu trouver le même jour il lui enjoignit de la part du Pape,, d’assurer Sigismond, qu'il n'avoit pas quitté Confiance pour aucun,, sujet de crainte , ni par aucun mécontentement de la part de l'Empe-„ reur ou des fiens , mais pour fia santés qu'ilétoit disposé à faire tout„ ce qu'il avoit promis au Concile , & qu'il aimoit VEmpereur autant„ que jamais , désirant même d'aller avec lui à Nice pour l'Union de„ l’Eglise. Qu’en même tems le Cardinal de Challant lui donna qua-„ tre Brefs, un pour l’Empereur, un pour les Cardinaux, un pour„ les Ambassadeurs de France 6c un pour PUniversité de Paris. Qu’é-„ tant de retour à Constance il avoit fait ce rapport à l’Empereur„ dans les mêmes termes dont le Cardinal de Challant s’étoit servi,,, en lui parlant de la part du Pape, fans sc mettre en peine, de ce,, que le même Cardinal lui avoit dit comme particulier ”. Le Car-dinal , qui étoit présent à ce rapport, convint que c’étoit-là précisé-ment ce que le Pape lui avoit ordonné de dire à l’Archevêque, 6c ilajoûtoit, comme de son chef, que ce n’étoit pas de l’Empereur quele Pape se défioit, mais de quelques Seigneurs de fa Cour. C’est ap-paremment ce que le Pape avoit ordonné au Cardinal de dire, com-me dc îui-même, à l’Archevêque, a fin de sauver la contradiérion.Sigismond prit aéìe de cette déclaration de l’Archevêque, aussi-bienque les Ambassadeurs de France, 6c Benoit Gentien au nom de l’Uni-verfïté, aptes quoi on mit d’autres affaires fur le tapis. On résolut,entre autres choses, dans cette même Assemblée , de nommertrois Commissaires de chaque Nation pour examiner les raisons deceux qui voudroient se retirer du Concile, 6c pour punir ceux qui lequitteroient fans permission Reichenthal rapporte sor ce même jourque cette Congrégation Générale fit rompre le Sceau de Jean XXIII.6c en fit faire un nouveau pour le Concile, où il y avoit d’un côtéín’)Kekh p I ^ es àes dc St. Pierre 6c dc St. Paul , avec ces mots de ì'zutcc,Sceauvérf.% du sacré Concile de Confiance (a). Mais il y a de l’apparence qu’onHar'd.T.iv.p. n’eu prit alors que la résolution, puis qu’on verra dans la fuite quepó. ic