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Tome premier.
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168
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I4*î-En 1409.

'Ail- Cône. Pi(an ap. Richer.Hise. ConcúT. II P. y3-V. à. Hard.1 . 11 p. izr. _Maimb. Irait.Hist de l’EgliftRom. p. 184.183 Eli ft. duCencil. de Pis.Paît. I.p.z~i 6 .

l68 HISTOIRE DU CONCILE

juger. II est certain que dans le Concile de Pise la question sut dé-cidée en faveur des Conciles Généraux : Car dans la treizième Ses-sion Pierre tlaoul Docteur èn Théologie de l’Université de Paris, &depuis Evêque de Senlis, ayant soutenu & prouvé par plusieurs rai-sons, en pleine Assemblée, que l'Eglise représentée par un ConcileGénéral est au dessus du Pape, ? Evêque de N ovaire confirma lesentiment de ce Docteur par le suffrage de cent trois Docteurs Lc deplusieurs Licentiés en Théologie, auífi-bien que par celui de la fa-' meuse Université de Boulogne. Ce fut en conséquence de cette Ses-sion que le même Concile procéda contre Benoît XIII. & contre Gré-goire Xls & qu’il les déposa, ce qui est le plus grand acte de supé-riorité qu’un Concile puisiè exercer sur un Pape. Excepté les Papesmécontens & déposez, & ceux de leur Obédience,qui n’étoient pasen grand nombre par rapport à tome la Chrétienté, le même senti-ment fut généralement suivi jusqu’au Concile de Constance. Dans cedernier Concile cette question fut encore agitée avec plus de chaleurque dans celui de Pise. Mais Jean XXIII. n’eut pas plutôt déserté,que Gerson prononça, en faveur de la supériorité des Conciles Géné-raux, ce Discours fameux qui depuis fut la réglé des Décréts du Con-cile de Constance fur cette matière. Le Pape s’en plaignit amère-ment à l’Archevêque de Rheims, qui lui avoir été député à Schaf-house de la part de la Nation Françoise, & les Cardinaux soutinrentalors en diverses .Congrégations que le Concile étoit dissous par l’ab-scnee du Pape, parce que ie Pape est au-dessus du Concile. Mais non-obstant ces oppositions du Pape & des Cardinaux, le Concile, aprèsavoir mûrement délibéré, prononça les Décréts qui viennent d'êtrerapportez. On ne peut ni exprimer plus fortement, ni porter plusloin qu’on le fait ici la supériorité du Concile sur le Pape; Car on ydécida, qu'un Concile Général représente VEglise universelle , qu'il a re-çu immédiat entent son autorité de J. C. c’est-à-dire, sans l’entremisedu Pape; que le Pape lui-même est obligé d'.obéir h tous les Décretsd'un tel Concile , fans aucune exception ; que le Concile eft en droit depoursuivre & de punir le Pape , s'il eft désobéissants & cela dans tousles cas dont un Concile peut juger, puisque c’est dans ce qui regar-de la Foi, le Schisme ou l’Union de l’Eglise,& íâ Réformation dansle Chef & dans le? Membres. Ce qui fait voir qu’il ne s’agissoit passeulement d’un Concile assemblé dans un tems de Schisme, ou deconcurrence entre plusieurs Papes, mais de tout autre Concile Géné-ral , quand même le Décret ne l’auroit pas exprimé formellement parces paroles & tout autre Concile Général legitimement assemblé. II estvrai, qu’on pourroit dire, & qu’on a dit en effet, que lors que ceDécret fut prononcé, le Concile de Constance ne pouvoit pas passerpour un Concile Général, parce que routes les Nations n’y étoientpas encore réunies, comme elles le furent depuis. Mais je ne íai sil’abience & même supposition formelle d’une seule Nation & de

quel-