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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. II. ií?

quelques particuliers dispersez çà Sc là peut empêcher de tenir pourOecuménique un Concile assemblé par un Pape élu canoniquement,Sc par l'Empereur, du consentement de tout le relie de la Chrétien-té. J’en laisse le jugement à ceux qui ont intérêt à cette controver-se, pour remarquer que toutes les Nations s’étant réunies depuis, Scayant approuvé unanimement le Concile de Constance, on ne put plusalors douter qu’il ne fût Oecuménique. Ce fut en vertu de cetteunion que Benoît XIII. fut déposé, & qu’on élût Martin V^ quiapprouva austì très-folemnellement ce Concile, & fans aucune restric-tion. De forte que s’il y a là-dessus quelque dispute raisonnable, elledoit rouler uniquement sur ceci} savoir,y? les Décréts de la cinquièmeSeffion du Concile de Confiance , qui établiJJ'ent la supériorité d'un Conci-le Général sur le Pape , dans quelque cas que ce soit , doivent être com-pris dans l'approbation générale que toutes les Nations , &? Martin V.lui-même donnerent à ce Concile , ou s'ils en doivent être exclus. Je re-prens le fil de l’Histoire.

XXIX. Des que le Duc d’Austriche se fut retiré, pour suivre lePapeàSchafhouse,l’Empeieur avoir publiquement accusé ce Duc, Scdemandé du secours contre lui comme contre un ennemi public. LesAmbassadeurs deErance &' plusieurs grands Seigneurs,à la sollicitationdes Cardinaux, avoient inutilement employé leur intercession en fa fa-veur. Sigismohd jaloux de l’honneur du Concile Sc du sien propre,d’ailleurs peu favorable à Friderìc , persista dans la résolution qu’il a-voit prise Sc déclarée de ne lui faire aucun quartier. II fit donc affi-cher le septième d’Avril à toutes les portes des Eglises de Constance,Sc dans toutes les Places publiques, un Edit par lequel le Duc est ci-té, Sc mis au ban de l’Empire, & tous ses Vassaux dégagez de leurSerment de fidélité. II écrivit en même tems à toutes les Villes deSuabe, de Suisse, & des environs, qu’on feroit une action glorieuseSc méritoire en poursuivant Frédéric , à toute rigueur, comme un en-nemi de l'Eglise Sc de l’Empire, Sc comme un perturbateur du Con-cile. II n’en fallut pas davantage pour faire lever le masque à quan-tité de Seigneurs Ecclésiastiques Sc Séculiers, mécontens du Duc,ou jaloux de íà puissimee. Tels étoient Eberhard Comte de Nellem-bourg , le Comte Guillaume de Montjort , le Comte de Fangen , leComte âeWerdenberg , le Comte Frédéric de Foggenbourg , le Com-te Jean de Walâbourg , Maître d’Hôtel de l’Empereur. II éprouvamême dans cette rencontre ^ingratitude Sc la perfidie de plusieurs deses amis qui se servirent du prétexte de la Religion pour le dépouil-ler, quoiqu’il les eût comblez de bienfaits. L’Empereur soutint tou-tes ces démarches par une Armée d’environ quarante mille hommes,qu’il partagea en divers Corps pour aller se saisir des Provinces Sc desVilles du Duc d’Austriche. On lui enleva d’abord Stem { r), Dis-

senho~

(i) Petite Ville, ou Bourg du Canton de Zurich.

Tom. I. Y

'Friderìc ,d'Auftrichemis au Ban del’Empire.

Fcn d. HardtT. iy.p, (O}.Fâchent, Fol,; 8 . Naucìer.Gérard BooBi ft. Auftr. p.IZS.

Raynal adan.1415. n . 17.