j8o HISTOIRE DE CONCILE
T4IJ.' I me. 11 y a une remarque importante à faire sur ce Saufconduit." 1 .
C’est qu’il s’en faut beaucoup qu’il ne soit aussi avantageux que celuique TEmpereur avoit donné à Jean Hus . Ce dernier étoit pur ÔCsimple , fans aucune limitation luspeéte , comme l’a reconnu Fa~rillas , & non comme on le donne à un prévenu, pour fe transpor-ter dans le lieu où il doit être jugé. Si ces termes, sauf la justice,(st autant qu’il dépend du Concile (st que le permet la Foi orthodoxe ,eussent été dans le Saufconduit de Jean Hus , il n’eût pas été asseztéméraire pour aller à Constance, & le Concile eût été un peu plusen état d’en justifier la violation. D’ailleurs les Grands de Boheme,qui s’interessoient à Jean Hus , n’auroient eu garde d’accepter unSaufconduit qui ne le mettoit pas à couvert du bras séculier, en casque le Concile jugeât à propos de le déclarer Hérétique. C’est doncune vaine désiste au Jésuite Rofweide & à tous les autres qui ont pré-tendu justifier la conduite du Concile à cet égard, de dire, commeils ont fait, que la Clause, sauf la justice (st sans préjudice à la Foiorthodoxe , étoit fousentenduë dans le Saufconduit de l'Empereur. IIfaut qu’une pareille Clause soit exprimée bien formellement, àmoins qu’on ne veuille tromper celui à qui le Saufconduit est délivré.Supercherie trop indigne pour l’attribuer à un si grand Empereur.
XXXVIII. Parmi tant de divers intérêts, il étoit impossibleque tout ce qui se passoit dans le Concile fût également approuvé detout le monde. Pendant que les uns faisoient leurs protestations juri-diquement , les autres fémoient des Libelles diffamatoires qui intéres-saient l’honneur du Concile, & la réputation des particuliers. On lutdonc un Décret pour défendre absolument ces fortes de Pieces con-tre qui que ce soit, fous peine d’excommunication & d’emprifonne-ment, jufqu’à ce que le Concile puisse proceder plus amplementcontre les coupables. 11 fallut renouvelles plus d’une fois ces dé-fenses.
XXXIX. Toutes ces résolutions furent approuvées unanime-ment. II n’y eut que le Cardinal d ’Oftie qui déclara, fur ce qui leconcernoit, qu’il figneroit volontiers, tout ce qui seroit conforme àla justice, mais qu’il ne vouloir rien faire, ni rien signer contre leDroit écrit, Gobelin Persona rapporte qu’un Prélat fit une proposi-tion tendant à exclure les Cardinaux des Assemblées où l’on délibe-reroit de Paffaire de Jean XXIII. & de celle de la Réformât!on deP Eglise, comme ils avoient déja été exclus de la plûpart des Assem-blées où Jean XX1IL étoit intéressé, Voici les raisons fur lesquellesy. d. Har. t. il. ce Prélat appuioit cette exclusion. La premiere c’est, parce que s'a -■ h ^5- gijsunt de la Reformât ion de l'Eglise, dans le Chef (st dans les Membres ,c'est - à~ dire, du Pape (st- des Cardinaux , ils ne dévoient pas être Jugesdans leur propre cause. La seconde , parce que les Cardinaux ayant éluJean XXIII,. quoiqu'ils _n'ignorassent pas fes déportemens , ils méritaient-f plu tôt d', être punis . que d’affifler au Concile , (st à l'éieSion d'un.Eapei
La,
Libelles diffa-matoires dé-fendus..
•On proposed’exclure lesCardinaux.Gob. PersonaMtas. VI. cap.A4.