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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. II.

' monde.Une seule chose nous en laisse quelque doute,& il nous reste rais.3j quelque scrupule de la nouvelle qui nous est venue, bien-heureux„ Père, que vous vous estiez retiré de Constance à Schaffouse. Cc„ n’est pas un lieu plus capable de la dignité du Sacré Concile, ni si„ propre pour l’accomphssement d’une affaire de si grande importan-» ce : & quand cela seroit, Constance ayant esté choisie par vostre» Sainteté, l’on avoit humblement obéi à ses ordres, l’on l’avoit„ plus agréée que toute autre Ville, parce qu’elle est grande, riche» & belle, & cela nous oblige à vous avouer ingénuëment, que ce»» changement ne peut estre que très-préjudiciable au mal qu’on en-» treprend de guérir. Vostre Sainteté y estoit appuyée de la présence« du très-aimable,très-Chrestien, & très-invincible Empereur, qui,y lui pouvoit donner toute forte de seureté, qui la pouvoir garentir" de toutes sortes d’injures : elle y étoit accompagnée du íàcré Colle-y ge des Cardinaux, qui aurojt combattu pour la conservation de íâ" personne, St pour le maintien de son honneur, & de sa gloire.

" Toute l’Église, qui vous est obéissante, y estoit en plus grand nom-” bre, que vous n’y pouviez avoir d’ennemis, Sc la Nation Françoi-” sc, qui n’en fait pas la plus petite partie, n’cust pas souffert qu’onvous eust offensé de la moindre parole. Où est-ce donc, très-saint„ Pere,que vostre personne pourra estre traitée avec plus d’honneur,

„ avec plus de seureté,& avec plus de religion, qu’en une Ville qui„ vous est toute acquise, St que vous avez choisie, qu’avcc vostre„ Eglise, qu’avec un Empereur très-Chrestien ,Sc avec tant d'autres,, personnes considérables, qui tous les jours n’auroient fait autre cho-„ se que de se resjouir avec vous de la charitable résolution, Sc desSerments si saints de vostre clemence ? 11 n’y a point d’esprit si

» plein d’ignorance, si peu versé dans les affaires de nostre Religion,

» ni si peu intéressée au bien, St au salut du public, qui puisse dou-*' ter que tant que votre Sainteté persévérera dans son intention de" donner la Paix à l’Eglise, le sacré Concile, St tous ses Membres’’ ne vous rendent tout ce qu’un homme peut recevoir de respects St" d’honneurs. Après cela, c’est à vostre Sainteté de considérer, Pere15 très-clément, ce qu’on peut penser d’elle, de se retirer ainsi, & de55 partir du sacré Concile, quand il s’agit de chercher les moyens de” la Paix. II n’est pas mefmes permis de le départir de ses sentiments" dans une telle occasion, & il n’y a point de sujet capable d’autori-ser vostre retraite, ni qui puisse souffrir de prétexte contre l’impor-„ tance d’une si sainte Assemblée : Sc personne ne sçauroit avoir aucun„ sentiment au contraire, qui ne su st convaincu par les fondemens„ inébranlables du sacré Concile de Pise, qui doivent soumettre les-, testes les plus fortes Sc les plus obstinées. A Dieu ne plaise, Pere„ bienrheui eux,que vòstre Sainteté scscparast du sacré Concile en une« affaire de si grande conséquence; St comme ce seroit se séparer de» P Eglise de Dieu,, ne privez pas vostre nom.de cette gloire,. Sc ne

,5 laisses: