iSi HISTOIRE DU CONCILE
1415. suit. „ II semble, très-Saint Père,que la divine bonté soit preste d’a»„ chever ce grand ouvrage de la Paix Ecclésiastique, recherchée„ avec tant de travaux, 6c depenses, par vostre sagesse, 6c par vos-,, tre charité, si les intentions du Sacré Concile de Constance, 6c„ de vostre Sainteté se rendent conformes,6c pourveu que de part 6c„ d’autre, l’on agisse d’une íâinte passion fur laquelle la malignité„ de l’Ennemi de cette sainte Union ne puisse prévaloir. Plaise au„ Saint Eíprit, de descendre sur votre Assemblée, 6c de pousser les,, esprits à la Paix, ôc à Punion; à laquelle nous devons croire que,, vous ne vous estes résolus que par une inspiration toute divine,après,, le tesmoignage que nous avons, du soin que vous en avez pris, 6c de3 , la voye que vous avez choisie de céder, 6c de renoncer volontai-3, rement au Pontificat, comme font aussi les autres, que le Conci-„ le de Pise a déposez, 6c enfin après le Vœu 6c le Serment que3, vous avez fait, d’embrasser tous les moyens, 6c de n’en refuser au-„ cun, de tous ceux qu’on jugeroit à propos pour parvenir à cette„ Union. C’est en quoi vous avez fait paroi lire des sentimens tous„ particuliers de pieté, 6c de Religion, 6c une compassion digne„ d’un bon Père envers la famille. En effet,si Salomon adjugea Pen-„ fant à celle qui aima mieux perdre le nom 6c la qualité de Mere,„ que de permettre qu’il fust partagé si cruellement,6c coupé en deux,,, on ne peut asièz estimer un Souverain Pontife, 6c il ne peut pas,, témoigner d’amour plus paternel, que de sc vouloir généreusement,, demettre de fa Dignité , 6c de préférer le restablissement, 6c la„ réunion de P Eglise, depuis longtems si déplorablement divisée, à„ l’excellence d’un rang, 6c d’une dignité si élevez. Vostre Sain-,, teté ne semble pas par cet engagement de paroles, 6c de promes-„ ses, s’estre plustost accordée d’intention avec le Concile Sacré, qu’a-„ vec tous les hommes ensemble: car comme c’est le plus zélé, 6c„ le plus ardent désir de toute la Chrestienté, c’est aussi le plus juste.„ II est vrai, Pere très-Saint, qu’on peut trouver des raisons, pour„ demeurer dans la place où vous estes, 6c pour ne point souffrir d’es-„ tre dethrosoé du Souverain Pontificat j mais comme il vous oblige„ de pratiquer tous les moyens degaigner les âmes à Dieu, 6c de pré-„ venir la division, il estoit eígalement glorieux 6c neceíîàire erì cet-„ te occasion, d’avoir eígard au Salut de tant de Peuples,de tant de„ Royaumes, 6c de tant de Nations, qui conspirent à mesme dessein„ avec le Concile, 6c qui pouvoient tomber dans une désunion per-„ nicieuse à l’Eglise, 6c à leur conscience, comme il paroiít desja,,, que vous avez préféré le repos 6c le bien de la Chrestienté, à l’in-,, terest de votre grandeur, par ce que vous avez promis 6c juré : Si„ ce genereux dessein est suivi de l’effet qu’on en attend, le monde,, publiera éternellement vos louanges, 6c par la privation volontai-„ re d’un honneur de si peu de durée, avec le mérite d’une recom-„ pense immortelle, vous rendrez vostre nom, le plus illustre du
„ mon-