DE CONSTANCE. Liv. II. 205
pour cette fois à la condamnation, malgré deux Synodes assemblezpour cela en 1377 ; & il continua à détendre là Doétrine publique-ment, de vive voix Lc par écrit. Edouard III. étant mort fur la finde cette année, avant l’arrivée des Bulles du Pape, & Richard II.étant encore mineur, le Parlement s’assembla pour examiner si leRoi n’étoit pas en droit d’empêcher que l’argent du Royaume nepastat à la Cour de Rome, quoique le Pape le demandât fous peinedes Censures Ecclésiastiques. Wiclef consulté là-dessus soutint l’af-firmative. Cannée suivante, il y eut plusieurs Assemblées contreWiclef , mais fans fruit,parce qu’il étoit trop bien appuyé. En 1 580.il entreprit la Version de la Bible en Anglois, où il n’admettoit pourLivres Canoniques que ceux que les Protestants reconnoissent. Ce futen 1381. qu’il commença d’attaquer le Dogme de la Er an substantìa-tion , s’offrant de prouver en public que Y Hostie consacrée n'est niJésus - Christ , ni aucune partie de Je fus-Christ. Mais les Moines ayantempêché cette dispute publique, Wiclef ne laisiâ pas de dogmatiserpar tout. II diíoit entr’autrcs choses, qu’i/ y avoit plusieurs annéesque ! Eglise avoit erré sur le Sacrement de V Eucharistie , (st qu'il étoitrésolu de la ramener de VIdolâtrie au culte du vrai Dieu (a). Cepen-dant il trouva des adversaires non-feulement dans l’Université, maisaussi parmi les Grands du Royaume, qui n’approuvoient pas autantfa Doétrine fur P Eucharistie, que fur le sujet du Pape & de la Courde Rome. Elle fut en effet condamnée par douze Doéteurs Regentsde l’Université, dont il y en avoit quatre de Séculiers, & huit deMoines, â la tête desquels étoit (â'ànâ de Ber ton , Chancelier decette Académie.
Wiclef ne voulant appeller de cette Sentence, ni au Pape, ni àaucun Evêque, ni à aucun Juge Ecclésiastique Ordinaire, en appel-la à Richard , dans l’efpérance d’être soutenu par le Bras Séculier.Mais le Duc de Lancaftre n’approuvant pas cette conduite l’exhortaà se soumettre à ses Juges naturels; de forte que Wiclef désespérant detrouver déformais de l’appui, prit le parti de 1e retraéter (f), com-me il fit publiquement en 1382, en présence de P Archevêque deCantorberi, des Evêques de Lincoln, deNorwich, de Worcester,de Salisbuvi , de Londres, de Hereford, & d’une grande foule demonde. Cependant il paroît par l’Aéte ( 6 ) de cette retraétation,qu’elle étoit fort ambiguë, & que ses Juges n’auroient pas du s’encontenter, s’ils n’avoient craint que cette affaire ne fît trop d’éclat.Aussi Wiclef s’ea releva-1-il bien-tôt, prêchant de nouveau fa Doétri-ne , ce qui lui attira, & à ses Seétateurs une nouvelle condamnation ;
mais
(4) Voyez la Bulle de Grégoire XI. Hifl. & Antìq. Univers. Oxon. ub.íup p. 187.
(;1 L'Auteur des Antiquité*, d’Oxford dit, que ce fut pour la seconde fois, maisil ne le prouve pas, & je ne trouve cela nulle part. Doâirinam suam ,am fourni* rt-íraâtnre coaSlus est. ub íup. p. 189.
(6) Voyez cet Acte dans la Vie de wiclef, par Mr. Levts p.ryr
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(a) nìfi. &Antiq. Univers.Oxon ub.supr.p. 188.