DE CONSTANCE Liv. II. zo f
planent (i). C’est ce Synode que Wiclef appelle le Synode du trem- * 4 * 5 »
blement de terre dans son Trialogue , parce qu’en effet il en arriva un,lorsqu’ils étoient assemblez pour fa condamnation. Lé Concile enfut fort allarmé, mais l’Archevêque les ayant rassurez on continua laséance. Wiclef n’y comparut pas en personne, parce qu’il avoir étéaverti qu’on lui dressoir des embûches, mais il y comparut par sesProcureurs, & le Chancelier de l’Université d’Oxford y plaida faCause avec beaucoup de fermeté, quoiqu’avec peu de succès.
Ce fut cette même année que Wiclef ne pouvant plus demeurerpaisiblement à Oxford, se retira à Lutterworth , dans le Diocèse deLeicester, où il avoir obtenu une Cure. Dans cette retraite il con-tinua d’écrire contre le Pape & contre l’Eglise Romaine. Entre au-tres Ouvrages, il en composa un en Anglois, qui avoir pour titre :
La grande Sentence d'excommunication expliquée , où il éclaircisiòít plu-sieurs de ses Articles qu’on avoir condamnez. II s’y déchaîne en par-ticulier contre la Croisade qa’Urbain V. avoir publiée contre les ad-herens de Clément VII. On èleve , dit-il, T Etendard de J. C. leSouverain Docteur de la Paix, dela miséricorde V de la charités pourtuer des Chrétiens , à cause de deux Scélérats de Prêtres , qui font ma-nifestement VAntéchrist. Quand eft-ce que le superbe Prêtre de Romeaccordera des Indulgences plenieres pour engager à vivre én paix , en cha-rité ís en patience , comme il en accorde pour animer à la guerre desChrétiens if pour les massacrer (a). Peu de tems après fa retraite à ( a ) lew ’ sLutterworth, il eut une attaque de paralysie dont il revint ; Mais de- p 'puis ce tems-là il ne jouît que d’une santé fort languissante. Ce quifit apparemment que les ennemis ne le poursuivirent pas, parce qu’ilsle regardoient comme un homme hors de combat. Enfin deux ansaprès cette maladie le mit au tombeau. Ce fut le z8. Decembre jourdes Innocens qu’il eut fa derniere attaque à la langue, étant dans l’E-glise à entendre la Messe, & pendant qu’on faifoit l’élevation, cequ’on ne manqua pas de regarder comme un jugement de Dieu.
LVIil. La Doctrine de Wiclef nt fut pas ensevelie avec lui .JeanHus Progrès dotémoigne dans un Ouvrage écrit en 141 r, que depuis trente ans on li- Wickfitoe.soit librement les Livres de Wiclef dans l’Université d’Oxford (2). Lemême Jean Hus à la fin du II. Tome de ses Oeuvres, produit un té-moignage fort avantageux, qui fut donné en 1406. à Wiclef par l’U-niversité d’Oxford, où elle déclare qu’il est faux que Wiclef ait étéconvaincu d’hérésie, ni qu’on l’ait deterré pour le faire brûler aprèsfa mort (3) . II est vrai que Antoine de Wood , Auteur de THistoireif des Antiquitez de TUnìverfitê d'Oxford, a révoqué en doute l’au-
thenti-
(3) Voyez ce même témoignage dans ï Histoire, & les Antiquitez de l'Umversití(tOxford. Liv.I. P-ZVZ. II se trouve auííì à peu près en mêmes termes dans l’His-toire de la Guerre Huffittque de Tbéobddus. p.4. Ce témoignage avoit été apportsà Prague par un Anglois nommé Pierre Payne zélé Wiclefite.
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