D E C O N S T A N C E. Liv. II. 2^
lui à Constance ou ailleurs seront en pleine sûreté par rapport àJ leur vie, à leurs gens & aux biens de ceux qui raccompagneront." Que si le Pape Jean vient à être déposé ou à céder, il dépendra” du Concile de pourvoir à Ion état, comme il jugera à propos.»> Pour nous, nous voulons, selon notre devoir, demeurer en otage à,, Constance j u squ’à ce que le Pape Jean y soit venu ou ailleurs, se-,, Ion que le Roi l’ordonnera, 6c jufqu’à ce que tous les Officiers,,, Citoyens 6c habitans des Forteresses, Villes 6c Territoires que nous,, possédons en Suabe, en Alsace, sur le Rhin en Brisgaw, dans lcComté de Tirol,sur 1’ Adige,dans la Vallée appeìlée Inthal,ayent prê-" té Serment de fidélité au Roi fur les Evangiles,6c que pour exécu-" tion de tout ceci, ils se contenteront des simples Lettres, paroles" ou insinuations du Roi, fans autre preuve, pendant tout le tems” que le Roi, par lui-même ou par ses Lettres ne les dégagera pasde leur promesse 6c de leur serment. Et en cas que nous n’accom-„ plissions pas en tout ou en partie ces engagemens, ou que nous y,, contrevinssions de quelque maniéré que ce soit, ce qu’à Dieu ne„ plaise, dès lors lesdites Villes, Forteresses,Territoires, Hommes,seront dévolus totalement au Roi 6c au laint Empire, 6c icront te-nus de lui obéir comme à leur légitime,ordinaire, naturel Souve-” rai n, nonobstant toute contradiction, 6c fans nulle fraude ni ter-'** giversation. C’est ce que nous jurons, 6c pour plus grande assu-" rance nous prions les Seigneurs Louis Duc de Bavière, 6c Frédéric>■> Burgravede Nuremberg de signer, 6c de sceller de leur Sceau le,, présent Acte (a) Frìderic d'Juftriche envoya en même tems desordres à tous ses Intendans, Gouverneurs 6c Commandans de prêterserment à l’Empereur, qui de son côté envoya une grosse Arméepour achever de prendre possession des terres du Duc. Une bonnepartie en avoit déja été occupée par les Suisses, qui les avoient par-tagées entre eux. II n’y eut que le Canton d’Uri qui déclara généreu-sement qu’il n’avoit pris les armes que pour obéir à l’Empereur, 6cqu’il ne vouloir point profiter des dépouilles du Duc, mais le restedes Suisses se moqua d’eux, Reichenthal rapporte que le premier Paisqui fut mis par le Duc entre les mains de i’Empereur, fut le Bailliagede Turgaw, & que les amis de Frìderic prierent ceux de Constancede recevoir ce Pais entre leurs mains, pour être rendu fans dommageà la Maison d’Autriche (b). Quelques Villes avoient acheté leur li-berté, & tout le reste íe soumit bien-tôt, dans la Suabe,dans le Bns-gau 6c dans l’Alsace. II n’étoit pas aussi aisé de se rendre maître dece que le Duc possedoit dans le Tirol, parce que les habitans avoientappelle Ernest d'Juflriche son frété aîné, pour s’oppofer aux troupesImpériales. Ernest ayant assemblé les Etats du Tirol ( 1 ) à Inspntk,
il
(t) Ce fut dans cette'conjoncture & dans ce lieu, que naquit à. Ernest un fils,quifat depuis Empereur, fous le nom de Friderie IV.
I4tî.
(a't Ihtoi. Trie
ap. V. d. Hard.
1 I. Part. I. p.199. îoo. & r.lV.p. 161.163.
(b) Fol. 62. b.