DE CONSTANCE. Liv. II. 247
le ainsi : „ C’étoit un Prêtre d’une grande probité & pieté, ser-
„ vent zélateur de la Vérité de J. C.,Sc de la Doctrine Evangélique,„ ardent ennemi des corruptions Sc des abus, qui s’étoient glissez„ dans l’Eglise, & il a même souffert persécution pour s’y être op-„ posé. 11 écrivit entr’autres Ouvrages un Traité de Y Antéchrist,„ que quelques-uns attribuent à Jean Hus , & un autre fur la frequen-„ te Communion. Ce Traité finit ainsi: Fin de VOuvrage Scc. de„ Maître Matthias de Paris (J de Prague illustre par fa dévotion , &„ qui a beaucoup souffert pour son assiduité à prêcher la Vérité Evan-,, gelique (a) Ce témoignage peut être confirmé par la Préface queMatthias a mise à la tête d’un Livre de l’Univerlìté de Paris, com-posé en 1^9. fur les dangers de r Eglise (4), où Matthias parle avecbeaucoup .de force contre les abus de rÈglise Romaine. Matthiasmourut en 13P4.
Mais ce ne fut là qu’un feu caché sous la cendre. II fut rallumé quel-ques mois après le départ de Jean Hus pour Constance, par Jaquesde Mise (f), ou autrement Jacobel , Curé de la Paroisse de St Michelà Prague, (6) homme célèbre en ce tems Sc en ce Païs-là, par fadoctrine, Sc par la pureté de ses mœurs. II sot porté à cette entre-prise par un nommé Pierre de Dresden, qui, à ce que rapporte FEneasSylvius , ayant été chassé de la Saxe pour VHérésie Vaudoise , s’étoitretiré à Prague où il enfeignoit la jeunesse, (b) Ce Docteur Saxonétant allé trouver un jour Jacobel, lui dit qu’il étoit surpris qu’unaussi savant Sc aussi saint homme, que lui, ne se fût pas apperçu d’u-ne grande erreur qui s’étoit glissée dans l’Eglise depuis long-tems, sa-voir le retranchement de la Coupe, malgré ces paroles de J. C., (c) fivous ne mangez, la chair du fils de l'homme, (fi fi vous ne beuvezsonsang , vous n'aurez point la vie en vous. Jacobel , frappé du discoursde Pierre de Dresden, consulta la Tradition fur cette matière, Sc ayanttrouvé la Communion fous les deux Efpeces, autorisée par les Peresde l’Eglise, il prit la résolution de se servir du crédit qu’il avoit au-près du Peuple, pour lui faire restituer l’ufage du Calice. Non-feu-lement il fit afficher des Thèses contre le retranchement de la Cou-pe, Lc pour la Communion fous les deux Efpeces, mais il prêcha lamême doctrine dans fa Paroisse de St. Michel. Comme il étoit sou-tenu par un de ses Collègues, nommé Sigismond Rzepanski , il portaaisément tout le Peuple à communier fous les deux Efpeces, dans cet-te Paroisse, ce qui s’exécuta avec Paplaudisscment de toute la VilleSc de rUniversitc. Cependant le Clergé ne manqua pas de faire ses
dili-
(3) Sur Jean Milhius voyez Balbinus />> 407.
(4) Voyez ce Traité dans un Recueil intitulé Antilogi* imprimé à Baíle ea1555 , &: mis au jour par Wolfgang Wijfenburg Théologien.
(5I Mise e!ì une Ville de Bohême, autrement nommée Strz,ibro. Balbin.p.zzí.
(6) Literamm dottrina ct- morutn pnsiantia juxta darus. itneas Sylv. Hijl. Bob.Cap. 35. Jacob. Viccolt, Commen, Lib, VI.
141 y.'
(a)Rf rum Boe-micammBpht.meris five Ka-lendarium His-toricum.Aut bo-re Procopio Ltt-pacio. ad 30.Novemb. Edit.Prag.1584.
(b) Dubrav'.'Hìft, Bohem.Lib. 2.3./. 622.
(c) Jean VI j 3.