DE CONSTANCE. Liv. II. r8/
„ ils ne demandent autre chose pour Jean Hus , sinon qu’il jouisse de 1415..la même liberté que ces Hérétiques-là, puis qu’il est venu à Cons-tance de son bon gré, & uniquement dans la vue de rendre raison' de f a Foi, de se réunir lui & tes adhérons, qui font la plus grande” partie de la Boheme, à l’Unité Catholique, si on lui prouve qu’il„ a enseigné quelque chose de contraire à cette Unité 8c à la Parole*, de Dieu, & enfin de justifier le Royaume de Boheme de l’accu-„ sation d’Hérésie dqpt il est flétri depuis long-tems ”. Ils ne par-lèrent point alors de Communion sous les deux Espèces, ni de la ma-niéré d’administrer l’Eucharistie, soit qu’ils ne sussent pas encore lapensée de Jean Hus là-dessus, soit qu’ils ne voulussent pas s’in-triguer dans une affaire qui se passoit en Boheme pendant leur ab-sence.
LXXXI. L a réponse que l’on vient de lire découvre bien la mau- Quand Jtanvaise foi de quelques Historiens modernes, qui ont soutenu que Jean Hus a eu sonHus n’avoit point de Saufconduit lors qu’il fut arrêté,s’étant conten- Saufconduit.tez de copier cette objection qui lui fut faite dans le Concile, fans enrapporter la réponse. 11 est vrai que Jean Hus étant arrivé à Constan-ce,écrivit à ses amis de Prague, qu'il y étoit venu fans Saufconduit (f).
Mais cette difficulté est entierement levée par la Lettre suivante ouil dir t qu'il est arrivé à Confiance fans Saufconduit duPape{f).Q'dk^outcela qu'à la marge de la Lettre précédente , où il dit qu’il est ar-rivé sans Saufconduit, l’Editeur a mis, (y) entendez cela du Saufcon-duit du Pape. Dans la Lettre XLIX. qu’il écrit de fr prison aux Sei-gneurs de Boheme, qui étoient à Constance, il leur dit (a) que si on (a) 0p.Hus.1Mleur allègue qu’il est parti de Prague tans Saufconduit, comme il l’a /“Adéclaré lui-mème dans une Lettre qu’il écrivit à ses amis'en partantde Prague, & qui avoir été falsifiée par ses ennemis ils peuvent ré-pondre, 1. Qu'il n'avoitpoint de Saufconduit du Pape. z. 6>ue quandil écrivit cette Lettre (6) il ne favoit pas que ces Seigneurs viendraientavec lui de Boheme. On comprend aisément par ces paroles, je ne Pa-vois pas que vous viendriez avec moi quand f ai écrit celte Lettrc-là rque c’étoit les Seigneurs de Boheme qui étoient munis du Saufcon-duit, mais que comme la chose étoit assez publique il ne laissa pas departir, quoiqu’il ne fût pas, si ces Seigneurs viendroient avec lui,ounon. Ainsi il étoit vrai en un sens qu’il avoir un Saufconduit, parceque le Roi des Romains favoit fait expédier & mettre entre les-mains des Seigneurs qui dévoient l’accompagner, & il ctoit vrai dansun autre qu’il n’cn avoir point, parce qu’il n’en étoit pas muni lui-inême. Mais qu’il l’ait eu en chemin ou qu’il ne l’ait pas eu, c’étoit
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(5) Intellige Papa.
(6) Cette Lettre est la II .Op. Hus Toi. §7. 8c elle porte formellement qu’il part a-vec un Saufconduit du Roi. 11 faut que ce soit quelque faute de Copiste ou d’im-preffion. Mr. le Docteur V. der Hardt pose en fait qu’il le reçut à Nuremberg le z?.,*.d'Octobre 1414. V. d. Ha.rd, T. IV. Fa/l. intt, V, d, Hard. X, IV.p. yj 6 -.