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Tome premier.
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51 6 HISTOIRE DU CONCILE

,, des Cardinaux écrivit à Wencejlas , qui n’étoit plus que Roi de Bo-„ heme, de se soustraire avec eux à l’obéïsiance de ce Pontife , &„ d’embrasser la neutralité. Wencejlas accepta ce parti d’autant plus„ volontiers que ce Pape l’avoit fait dépouiller de l’Empire, Sc que„ les Cardinaux lui faisoient esperer, qu’un autre Pape pourroit 1 c„ rétablir dans cette Dignité. Mais Sbìnko Archevêque de Prague,„ Sc son Clergé n’ayant pas voulu obéir au Roi à cet égard, pluíìeurs„ Ecclésiastiques se retirerent volontairement, comme fit l’Archevê-,, que lui-même, après avoir pillé le sépulcre de St. Wencejlas ( 1 ) 8c„ brûlé les Livres de Wiclef malgré le Roi. Ce qui fit que ce Prin-,, ce ne fut pas fâché qu’on s’emparât des biens de quelques-uns de„ ces Ecclésiastiques qui n’avoient déserté que par un principe de„ rébellion Comme Jean Hus se justisioit par ce récit, un certainNason Pinterrompit, pour dire que ces Ecclésiastiques n’avoient pasabandonné leur Ministère pour 1e dispenser d’obéïr au Roi, mais par-ce qu’on les avoit dépouillez de leurs Bénéfices. Sur quoi le Cardinalde Cambrai dit, qu’en effet étant à Rome lors de cet éversement,des Prélats de Boheme lui avoient rapporté que tout le Clergé dePrague étoit dépouillé Sc exposé à toute sorte de mauvais traitemens.Jean Hus ne contesta pas ce fait,mais il persista à dire qu’il n’en étoitpas la cause. II protesta tout de même qu’on ne devoir pas non pluslui imputer la dissipation de PUniversité de Prague. Le Roi , dit-il,ayant accordé trois voix aux Bohémiens , £5? une feule aux Allemands -, se-lon la fondation de Charles IV. son Père .iles Allemands , qui jusqu' alorsavoient eu les trois voix , furent fi irritez, de ce changement qu'ils quittè-rent de concert T Université de Prague , avec Serment de n'y plus revenir.Jean Hus ne se défendit pas d’avoir approuvé un ordre si avantageuxà ses Compatriotes, Sc prit en même tems à témoin de la vérité dece qu’il venoit d'avancer un certain Albert Warentrop , présent à cetexamen, Sc qui étoit Doyen de la Faculté de Philosophie en ce tems-là. Mais comme Albert voulut parler on Pinterrompit, pour enten-dre encore Nason qui dit, que s’étant trouvé alors à la Cour, il sa-voir tout ce qui s’étoit passé à cet égard, 8c qu’il avoit yû les Doc-teurs de la Nation Germanique, savoir de Saxe, de Bavière, Sc deSilesie, à qui sc joignoient aussi les Polonois, solliciter auprès du Roila continuation de leur Privilège des trois voix, que le Roi la leuravoit même promise, mais que Jean Hus , Jérôme de Prague Sc quel-ques autres l’avoient fait changer de sentiment, quoique d’abord illeur fût si peu favorable, qu’il les menaça de les faire brûler s’ils con-tinuoient à troubler la Boheme. A ce récit Nason ajoûta quelqueplainte d’avoir été maltraité en Boheme par Jean Hus ^ Sc par ceux

de

(1) St. Wencejlas Prince de Boheme, qui fut tué par son frété Bolejlas en 938.Son .corps fut transféré à Prague trois ans après dans 1 'Egliíe de St. Vítus. Balbi*.Epit. Rer. Bohem. L. 1 . Cap. X. i? XII.

(») De la manière que le Cardinal tournoie son accusation, elle donnoit au dis-cours