zr6 HISTOIRE DU CONCILE
; *4ïj* la place de St. Pierre, & qu'ìl a de grandes richesses, mais s'il imite J. <
C. dans fa douceur, dans fa patience, dans ses travaux & dans fa cha- (
rité, alors il est saint. %
Art. XVII. Les Cardinaux ne font pas les manifestes & les vrais %
successeurs du College des autres Apôtres de J. C. S'ils ne vivent pas com - f
me les Apôtres observant les commandeméns & les conseils f) de J. C. t
Jean Hus reconnoît que cet Article est formellement dans son Li- p
fòHusJeÈccltf. vre(a), 8c qu’il y est prouvé. Là-dessus le Cardinal de Cambrai fit rc- r.
Tr z. marquer à l’Assemblée, qu’il y avoit des choses beaucoup plus fortes fi
dans le Livre même,que dans les Articles qu’on en avoit tirez, comme £
le Cardinal de Florence l’avoit déja dit à Jean Hus lui-même. Ces Car-dinaux disoient assurément la vérité. Car on ne íàuroit lire le Livre p
de l'Eglise Sc plufieurs autres du mime Auteur lans êrre -scuprn, de la S
hardiesse, Sc de la dureté de ses expressions, contre le Pape, les Car- b
dinaux & tout le Clergé, déserté qu’il méritoit bien la censure que h
lui fit le Cardinal en ces termes: Certainement vous n'avez gardé au - q
cune mesure dans vos Ecrits, & dans vos Sermons. Ne deviez-vous pas ri
accommoder vos discours au caractère & à la portée de vos Auditeurs ? li
fhfétoìt-il nécessaire d'aller prêcher contre les Cardinaux devant le Peu - v
pie,n'y ayant là aucun Cardinalì II auroit bien mieux valu dire ces cho - C
fes en leur présence, que devant des Laïques au grand scandale de tout h a
monde. Jean Hus répondit respectueusement qu’il en avoit ainsi usé, í
parce qu’il y avoit à ses Sermons des Prêtres Sc d’autres personnes é-clairées qui pouvoient en profiter. Vous faites mal, repartit le Cardin ft
nal, de vouloir troubler ! Eglise par de pareils discours , ,,
Art. XVIII. Aucun Hérétique outre (ou après) la censure de TE -glìfe ne doit être abandonné au bras séculier pour être puni corporelle-ment ( 2 .) . Voici la réponse de Jean Hus à cet Article. Mes parolesfont : Ils devr oient avoir honte d'une ressemblance fi cruelle (f),fur tout
J. C. qui est le Souverain Pontife de TAncien & du NouveauTeftament, P‘
n'ayant voulu juger personne d'un jugement civil, ni condamner les cou- al
pables à la mort corporelle, comme ilparoîtpar Luc XII, Jean VIII. d'
& Matthieu XVIII. Après quoi il ajoute, un Hérétique, supposé dt
(b) Pulcrn qu’il soit tel en effet doit être premièrement instruit (b) avec honnêteté, a- ol
kumìliter. vec charité, & avec humilité, par VEcriture Sainte & par des raisons
qui en soient bien tirées, comme ont f ait St. Augustin & les autres qui t*
ont disputé contre les Hérétiques, mais s'il ne veut pas renoncer à fes er- lu
reurs, après avoir été instruit, il doit être puni corporellement. II estbon de remarquer ici que dans les Articles, qui furent condamnez à aï
Constance par quelques Docteurs de l’Université de Paris en particu- J
lier,
(i) Sur les conseils voy. Hus de Eceles. rzr. ».
(il Nullus Hétreticus f rater cenfuram Ecclefiastìcam , est réltnquendus judìci» seeularimorte corporispunimdus. C’est-à-dire, que l’Eglise doit se contenter de censurer l’Hé-rétique, sans le livrer au bras Séculier pour être puni de mort corporelle.