z ;6 HISTOIRE DU CONCILE
, E415* Jean Hus leur répondit humblement en baissant les yeux, Mes très-Révérends Peres , j'ai déja dit plusieurs fois , que j'étois venu ici fie monbon gré , non pour rien soutenir avec opiniâtretés mais pom recevoir ins-truction , s'il se trouvóit que s eujjè erré. m quelque chose. Je vous priedonc que je puise encore expliquer plus.amplement mes.fentimens , (J fi jene les appuie pas.par des raijons certaines & solide s ., alors je me rendraivolontiers à vos instructions , comme vous le souhaitez ( 1 ). Sur quoiquelqu’un s’écria, voyez Partifice, il parle bien de l’instruction du.Concile, mais non de fa censure 6c de sa décision> Hé bien^yc pondit-il, instruction , censure , oudécision ì comme il vous plaira , car je prensDieu à témoin que je parle fincerement. Le Cardinal de Cambrai lui-dit là-dessus, „ que puisqu’il vouloir se soumettre au Concile,il de-9 , voit savoir, qu’il avoit été résolu par environ soixante Docteurs,
4, dont quelques-uns s’étoient déja retirez, 6c ensuite approuvé una-„ nimemenr par tout le Concile, r. Qu’il. confesserait d’avoir erré„ en tenant les Articles qui avoient été alléguez contre lui, 6c qu’il en
5 , demanderoit pardon, z. Qu’il promettrait avec Serment de ne les„ plus enseigner, 6c de ne les plus tenir. 3. Qu’il les rétracterait,, tous en public Le Cardinal n’eut pas plutôt prononcé cetteespece de Sentence, .qu’il s’éleva dans l’Assemblée un grand tumulte,.aprèslequel Jean Hus fit cette réponse. ,, Je le repete encore, je„ suis prêt à recevoir instruction du Concile, mais je vous prie Sc je„ vous conjure, au nom de Dieu qui est notre Pere commun, de ne„ me pas forcer à rien faire contre ma conscience, 6c au péril de„ mon salut éternel , ce que je ferois en abjurant tous les Articles qui,, m’ont. été proposez. Abjurer , c'est renoncer à une erreur qu'on a„ tenue. Mais comme il y a plusieurs de ces Articles où l’on m’im -„ pute des. erreurs qui ne me font même jamais venues dans l’efprit,,, comment pourrois-je y renoncer par Serment? A l’égard de ceux,, que je reconnois pour miens,si quelqu’un m’enfeigne quelque chose„ de meilleur que ce que j’y ai avancé, je suis prêt à faire de bon,, cœur tout ce que vous exigez de moi Mais , dit là - dessusì’Empereur,^#?/ danger (J quelle difficulté trouvez-vous à renoncer mê-me aux Articles qui , selon votre prétention , vous ont été faussement at-tribuezP Pour moi , continua-t-il, je suis prêt d'abjurer à l'heure mê-me toute forte d,'erreurs. S'ensuit-il de là que je les aye tenues aupara-vant? Jean Hus fit alors sentir respectueusement à l’Empereur, quec’étoit là une équivoque, 5c qu’il y avoit beaucoup de difference en-tre abjurer en général toute sorte d’errcurs, 6c renoncer en particu-lier à des erreurs qu’on n’a jamais eues, 6c qui nous font imputées.; Le Cardinal de Florence voulant ébranler Jean Hus lui fit espercr un
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(î) Libenter ad vestrum înforntatîontm ut vultis concédant. Von d. Hard. T. IV.Z-.5 ,
(z) Si ttUm lin^ua jurtt , mentent ìn parut mn ruiner e •vtllet. V,d.Hard. T.iv. p. 52.6»