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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. III. 337

formulaire d’abjufation si équitable Sc si doux que peut-être il pour- r**.-?;roit s’cn accommoder. L’Empereur Sc plusieurs des Pcres du Concilelui firent la même proposition, Sc les mêmes instances. Mais commeil persistoit toujours à dire, qu’il ne vouloit, ni rien approuver, nirien abjurer contre fa conscience, Sc à demander d’être entendu en-core une fois, principalement^ diíôit-il, sur les Charges & fur les Di-gnitez Ecclésiastiques^ l’Empereur lui parla enfin en ces termes: „ Vous„ avez de l’âgc, Sc après ce que je vous ai redit aujourd’hui c’ést à„ vous à prendre votre parti. Nous ne saurions nous dispenser d’en„ croire des témoins aussi dignes de foi que ceux qui ont été ouïs.

„ Car, si fur le témoignage de deux ou de trois, toute parole doit„ ctre ferme, combien plus fur le témoignage de tant de personnes,, considérables C’est pourquoi, si vous êtes íàge, vous vous soû-„ mettrez d’un cœur contrit à la pénitence que vous]imposera le„ Concile, vous renoncerez à vos erreurs, puisqu’elles font maniscs-„ tes, Sc vous jurerez de ne les plus tenir, & de ne les plus eníëi-„ gner, mais au contraire de les combattre toute votre vie, sinon, ii„ y a des Loix, selon lesquelles le Concile vous jugera ”. Un Evê-que Polonois voulant fans doute expliquer plus clairement ces dernie-res paroles de l’Empercur, qui pourtant n’étoient pas fort obscures,dit là-desius qu’il y avoit des Loix bien formelles contre les Héré-tiques. Mais Jean Hus ayant répondu comme auparavant qu’il ne sesentoit point coupable, quelques-uns déclarèrent tout haut que c'étoitun Hérétique obstinés Sc il y eut entre autres un Prêtre, qui trouvantque l’Empereur lui faifoit encore trop de grâce de l’admettre à seretraiter, lui imputa, comme on avoit déja fait, d’avoir écrit à sesamis, que quand ilse retracleroit de bouche , il ne se retraéîeroit jamaisde cœur (z). Jean Hus répondit que c’étoit-là une pure calomnie, &comme il protestoit toujours qu’il ne se sentoit coupable d’aucune er-reur, Paletz lui reprocha qu’il sc contredisent, puisqu’il avoit défen-du publiquement la doctrine de Wiclef. En preuve de quoi Paletzlut alors neuf Articles de Wiclef , & soutint que Jean Hus les avoitdéfendus publiquement à Prague, en présence du Duc Ernest déAus-triche 8c dans des Livres (3) qui étoient publics,Lc que l'on produiroit siJean Hus ne vouloit pas les produire lui-même. Apparemment cesLivres de Jean Hus en faveur de Wiclef n’éroient pas communs alors.L’Imprimcrie n’ayant pas encore été inventée, il n’étoit pas aisé d’a-voir beaucoup d’exemplaires d’un même Livre. D’ailleurs, les amisde Jean Hus cachoient les siens tout autant qu’iîs pouvoient,8c il enétoit bien aise lui-même, comme il paroît par fa trente-septiémeLettre,où il sc réjouît de ce qu’un de ses Livres a été caché (4) 5 mais

il

(3) Ces Articles ne font pas exprimez dans la Relation. Volez ces Livres, Op,

Hus. T. 1, fol. 103 . 108 . iii .

( 4 ) Valie gratus fum, f iod occultas est occultas V stc de altîs.

T o m. I. V v