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Tome premier.
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DE CONSTANCE. Liv. III. 345

s 1 attache autant qu'il pourra-à la Cour de VEmpereur , de peur qu'ils i4Tî*

ne T arrêtent comme moi. Dans une autre Lettre il dit qu’il n’a rienappris touchant un de ses domestiques, qui étoit Polonois, non plusque touchant Maître Cardinal. II n’est pas besoin de faire aucune re-marque sur ces paroles, pour prouver qu’il s’agit ici de quelque Hus-íìte, Sc non du Cardinal de Viviers , qui n’a jamais été suspect à'Hé-résie y Sc qui, après avoir présidé au Concile de Constance, eut i’ad-ministration de l’Evêché de Geneve, Sc mourut tranquillement Sc enbonne odeur à Rome en 14:6. II y a donc beaucoup d’apparenceque le Pere, qui étoit favorable à Jean Has ì étoit quelque Moine,qui par cçtte raison n’est pas nommé.

XV. Quoiqu’il en soit, Jean Hus persista dans la même réfo- Fermeté delution qu’auparavant, ajoutant qu’il aimeroit mieux qu’on lui mît une J- HusAmeule d'âne au col ^ (fi qu'on le jettât dans la E',,que de scandaliser sonprochain, Sc qu’ayant prêché la patience Sc la constance aux autres,il en vouloir donner l’exemple, Sc qu’il l’attendoit de la Grâce deDieu. II paroît par plusieurs de ses Lettres, qu’il fut sollicité très-instamment à sc rétracter par diverses personnes de diffèrent caractè-re, mais qu’il ne voulut jamais consentir même à la moindre équivo-que. II y rapporte, qu’entre autres, Palets s’étoit mis au rang de cessolliciteurs, qui tâchoient d’ébranler fa constance par des conseils re-lâchez. Mettez-vous en ma place , leur disoit-il , que feriez-vous fi Epìst.xxx.étant bien ajfiûrez de n'avoir jamais tenu certaines erreurs^on vouloitvous xxxl - xxXu,contraindre à les retraiter. J'avoue que cela est rude , ditPaletz, enpleurant. Jean Hus rapporte dans fa Lettre XXXII. un plaisant rai-sonnement de quelque Docteur qu’il ne nomme pas, Sc qui vouloitle persuader de se soumettre aveuglément au Concile. Quand méme^lui disoit ce Docteur, le Concile vous diroit que vous n'avez qu'un œil ,quoique vous en ayez deux , vous fieriez obligé d'en convenir avec lui. Etmoi , repartit Jean Hus, tant que Dieu me conservera la Raison , je nedìrois point une pareille chofie , quand tout l'Univers le voudroit , par-ce que je ne pour r ois la dire , fans blesser ma conscience. Le Docteurtémoigna de la confusion d’avoir choisi un exemple si ridicule.

On trouve plusieurs Lettres de Jean Hus écrites à peu près en cetems-ci, Sc il paroît même par une de ces Lettres dattée du 19.de Janvier 1415. (a), qu’on les lisoit publiquement à Prague dans (a) Epis!, xi.la Chapelle de Bethleem. II y en a une du 8. de Juin que l’onpeut regarder comme un „ Sermon d’Adieu à son troupeau. Person-„ ne n’y est oublié, Grands Sc petits, pauvres Sc riches, Ecclésiaíli-„ ques & Séculiers, Maîtres & Domestiques, Précepteurs Sc Disei-5 , pies, il y exhorte tout le monde à s’acquiter de son devoir, selon„ Ion caractère, Sc fi vocation. II les conjure tous de s’attacher uni-„ quement à la Parole, Sc à la Loi de Dieu, Sc quoi qu’il croye en, fa conscience ne s’en être jamais éloigné dans fa doctrine, il les ex-,, horte pourtant à ne le point suivre en ce qu’ils auront pu remar-Tom. I. Xx „ quer