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Tome premier.
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HISTOIRE DU CO-NCILE

14IÇ.

4. Sept. 1413.

puta au Roi le Docteur Jean Gerson ì Chancelier de cette Universi-té, pour dénoncer la doctrine de Jean Petit , ct en demander la con-damnation. L’Université n’eût pu jetter les yeux sur un Député pluspropre que ce Docteur à se bien acquitter de cette com million. IIavoit toûjours loutenu fortement le parti des Ducs d’Orleans, contrele Duc de Bourgogne, & même au péril de fa vie & de fa fortune.En conséquence de cette Députation le Roi ordonna a Gérard de Mon-taìgu(i) , Evêque de Paris,de fe joindre à JeanPolet Inquisiteur de lafoi en France, ct avec tel nombre de Docteurs de l’Umversité qu’ilsjugeraient à propos, pour examiner ces Propositions, ct pour enjuger juridiquement. C’est ce qui produisit la célèbre Assemblée quidans les Actes eít toujours appellée du nom de Concile de la Foi , &dont l’ouverture fe fit dans le Palais Episcopal le 30. de Novembre1413. Comme cette Assemblée de Paris cil le fondement de ce quife passa au Concile de Constance fur cette affaire, il en faudrait faireici l’Hiítoire, si on ne l’avoit pas déja faite en son tems dans His-toire du Concile de Pise (a) .

XX. Quoiq_ue la condamnation que PAsiemblée de ParisLe Jugement avoit faite fût aussi authentique & aussi juridique qu’elle étoit légiti-me l’Aífemblée me, elle trouva pourtant de grandes oppositions en France, & mê-n. dans l'Université de Paris qui en avoit été la principale Promo-trice. C'est ce qui obligea le Roi à envoyer à cette Université desordres exprès de poursuivre les contredisons & de ne députer au Con-cile de Constance que des gens qui ne fussent point suspects dans cet-te affaire. En exécution de cet ordre, Gerson prononça le quatriè-me de Décembre 1414. dans l’Hôtel de St. Paul, en présence duRoi, un long Discours où il étala fort éloquemment, les dangereu-ses conséquences des Propositions de Jean Petit, ct demanda que lacondamnation en fût réitérée. II proteste à la fin de ce Discours,queni lui ni ceux de ion Corps, n'en vouloient point à la personne duDuc de Bourgogne, ni à son honneur, & qu’au contraire en deman-dant la condamnation d’une telle doctrine, ils agissoient autant poursa sûreté, que pour celle de tous les autres Princes. En effet le Roiréitéra lui-même cette condamnation par un Edit, du 2 .6. Decembre,qui contient une réfutation raisonnée de toute l’Apologie de JeanPetit. Le Roi y représente, que de ce pernicieux Ecrit, commed’unc source empoisonnée,on avoit vû sortir & se répandre dans toutle Royaume mille désordres affreux,d’horribles séditions, (s des guer-res plus que civiles. „ Que depuis ce tems-là on n’avoit vû par-tout que Pimage de la mort. On a refusé, dit-il, le baptêmeaux enfans, la priere aux malades (z), la confession aux mou-

rans,

(a) Tarn. //, p,208-119

de Paris n’estpas approuvéde tout lemonde.ip.Novemb.14x4.

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(1) Sur cet Evêque voyez 1 'Histoire du Coite, dt Pise, Part. I, p. 191- ou on l’anommé Simon au jlieu de Gérard.

(i) Oratio vuttoribus.