;<54 HISTOIRE D U CONCILE
1415 . „ courir des bruits contraires à cette protestation, je vous prie de
,, les rejetter comme des mensonges, puisque depuis le commence-„ ment jusqu’à présent, mon intention n’a jamais été de rien penser„ ni de rien faire qui put tourner au préjudice de l’Union ôc de vos„ délibérations.
„ J’ai appris de plus par des gens dignes de foi, qu’il y a à Cons-„ tance certaines personnes, les uns de grande dignité, les autres de,, moindre, mais tous mes ennemis, qui prennent à tache de flétrir„ mon honneur, fur tout en matière de Foi, à l’occasion d’une cer-,, taine Proposition qui fut faite, il n’y a pas long-tems, en présence,, de Monseigneur le Duc de Guìenne Dauphin de France, de plu-„ sieurs Princes de ce Royaume, & de tous les Etats aflëmblez en„ grand nombre,dans laquelle on prétend, qu’il y a plusieurs erreurs„ dans la Foi,lesquelles,comme ils le disent faussement, j’ai approu-„ vé auíîî-bien que la Proposition mcme. Je vous prie donc de n’y„ ajouter aucune foi, vu l’insolence 6c la fureur de leur procédé. C’est„ de quoi vous pourrez être plus amplement informez, si vous le ju-,, gez à propos, par mes Ambastàdeurs à Constance. Je devrois être„ à couvert d’un pareil soupçon, ayant l’honneur d’être de la Mai-„ son de France, que Dieu a toujours préservée du poison de l’Hé-,, résie, 6c étant né d’aillcurs d’un Père non-seulement très-Catho-,, lique, mais zélé défenseur de la Foi. II est vrai que je ne fuis, ni„ Théologien, ni versé dans les subtilitez de l’Ecole, mais en qualité„ de Prince Chrétien 6c de Soldat, je fuis prêt à verser jusqu’à la der-„ niére goûte de mon sang pour la défense de la Foi Catholique. A„ l’égard de la Proposition en question où l’on prétend, qu’il y a„ des erreurs que j’ai approuvées, je n’ai eu garde de le faire, puisque„ je ne les connois point, 6c que ces matières font au dessus de ma„ portée. Mais on voit assez combien mes Délateurs sent paflion-„ nez contre moi, puisque fous prétexte de la Foi, ils ont osé dire„ qu’il n’y a voit point de Paix à faire avec moi, à cause de l’appro-,, bation que j’ai donnée à cette prétendue Proposition. II y a„ même beaucoup de gens qui croyent que ce qu’on a condamné à„ Paris n’est pas le Discours que Jean Petit y avoit prononcé, par„ mon ordre, 6c pour ma justification,mais quelque Piece fabriquée,, malicieusement par mes ennemis. D’ailleurs cette Proposition,,, vraie, ou fausse, a été condamnée légèrement, dans un lieu peu„ sûr, 6c sans que j’y aye été appelle, non plus que Jean Petit (i)„ que l’on prétendoit en être l’Auteur. Et même quand il y auroit„ quelque erreur cachée dans cette Piece, on ne devroit pas l’impu-,, ter à une personne Laïque, 6c incapable de l’y reconnoître; mais„ si j’avois cru qu’il y en eût, bien loin de l’approuver je me serois
n lor-
(t) I! y avoit ptès (Je z. ans que Pttit étoit moit quand son Plaidoyerfu condamné à Paris.
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