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DE CONSTANCE. Lïv. III. J77
L’Exemple de Marie Lc celui de Marthe , dont l’une n’avoit d’atten-tion que pour ce que diíbit J- C., & l’autre ne s’occupoit que defoins temporels, ces exemples, dis-je, ne font pas oubliez pour insi-nuer aux Pérès du Concile, qu’ils doivent mettre à l’écart tous leursintérêts particuliers, 6c en faire un sacrifice à l’Eglise de J. C. „ 11,, faut, leur dit-il) mes très-chers Pérès, imiter la conduite du pru-„ dent Voyageur. Quand une fois il a bien résolu d’aller quelque,, part, s’il ne peut pas y parvenir par un chemin facile, il y va par,, les chemins les plus impratiquables; il escarpe les montagnes & les„ rochers, il traverse les fleuves les plus rapides, 6c il ne íauroit être,, rebuté par les plus affreuses solitudes, & les déserts les plus inha-„ bitez”. II paroît beaucoup de prudence dans l’avis qu’il leur donne en-suite > C’est que dans les affaires épineuses Lc difficiles, il ne faut pastellement s’atracher au même plan, ou aux mêmes conseils, qu’on nepuisse changer de méthode, Lc prendre un autre tour selon la variétédes cas & des conjonctures. lien est, dit-il, des maladies civiles,comme de celles du corps, il faut y employer des remedes différonsselon la diversité des symptômes Lc des circonstances. C’est ce quia fait dire aux Philosophes, que pour bien gouverner une Républi-que, il ne faut pas une réglé Lacedemonienne, mais une réglé Les-bienne, c’est-à-dire, qui soit non de fer, mais de plomb, afin de kpouvoir tourner Lc fléchir de côté ou d’autre selon l’exigcnce descas. C’est à quoi tend cette vertu que les Grecs appellent hntmeUt,c’est-à-dire, cette équité qui tempere la rigueur de la justice Lc dudroit,selon les circonstances des personnes Lc des lieux. Après ces avisgénéraux il dit son sentiment fur le bruit qui s’étoit répandu que leConcile avok résolu de n’élire pour Pape aucun des Concurrens. Jene saurois me persuader, dit-il, que vous ayez pris cette résolution.,, Savez-vous, mes Pérès,fur qui le St. Esprit jettera le sort? Pou vez-„ vous entreprendre de donner des loix au St. Esprit, qui a coutume„ d’affister aux élections, quand il est pieusement invoqué, Lc de diri-„ ger l’esprit des électeurs? Vouloir assujettir le St. Esprit à la vo-„ lonté humaine dans une élection, n’est-ce pas l’en exclure Ne„ savez-vous pas ce qui est écris, le vent souffle ou il veut , là ou est„ l'Esprit du Seigneur , là est la liberté , Lc ces autres paroles, vous„ avez été appeliez à la libertéì Prenez garde de ne pas faire servir„ votre liberté de prétexte à la chair, c’est-à-dire, aux affections„ charnelles. Ne peut-il pas arriver tel cas, Lc peut-être qu’il est„ déja que vous ne pourrez parvenir à l’Union, que par sélection„ de l’un des trois Concurrens ? A.uquel cas chacun peut juger le-„ quel vaudroit mieux, ou d’en élire un, ou de se retirer sans avoir„ donné la Paix à l’Eglise ”. La Lettre finit par une protestation. qu’il n’y a aucune affection personnelle dans les avis, qu’il prend laliberté de leur donner (a).
T o m. I. B bb XXX.
(a) A p. Ft» defÌìard. T. I.Pan. IL p. 39,43 *