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Tome premier.
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1415 -

Conférencespour ! affairede Jean Petit.

îï. ]r.in.

V. d. Htr. r. r/t- 343-

Op.Gers. T.v.t • 3 ot.

*5. de Juin.

fa)C’esttout

Plaidoyer.

37S HISTOIRE DU CONCILE

XXX. Cependant l’ Empereur se retira pour quelques joursà Uberlingen, qui elt une petite Ville à quelques lieues de Constan-ce, soit pour se délasser .l’esprit, soit pour y penser avec plus de liber-té aux importantes affaires qu’il y avoir encore à terminer. La Rei-ne Barbe avec la femme de Frìderic Duc d’Autriche de la Maison deBrunsvvich avoient pris les devants. L’Empereur, avant que de par-tir, prit la précaution de défendre à tout le monde de sortir de Cons-tance sans avoir payé les dettes, & fans être muni d’une attestation& d’un S iufconduit du Magistrat. Après avoir demeuré trois joursdans cette retraite Si^ismond revint à Constance. On n’avoit pas lais-sé de travailler en son absence, aux affaires du Concile,au moins dansdes Conférences particulières. Celle de Jean Petit s’agitoit toujoursavec beaucoup de chaleur 5 car d’un côté les Ambassadeurs du Roide France n’oublioient rien pour faire confirmer 1 a Sentence de l’E-vêque de Paris, & de !'autre les Ministres du Duc de Bourgogne n’é-toient pas moins habiles a éluder le jugement d’une cauië, qui nepouvoit tourner qu’au désavantagé de leur Maître. L’Evêque á'Ar-ras profita apparemment de l’abfence de l’Empereur, pour présenteraux Commissures un long Mémoire contre Gerson, comme s’il eûtcté l’ennemi déclaré du Duc de Bourgogne, ôc que fous prétexte dezèle pour la Foi, il n'eût eu en vûe, que de flétrir la réputation dcce Prince. Ce Mémoire nous apprend en passant deux particularitez,qui 11e fè trouvent pas ailleurs. L’uneest, que l’Evêque de Paris, 6cì’Inquisiteur de la Foi avoient été citez au Concile pour le zx. d’Oc-tobre de cette année,fans doute afin de rendre raison de leur Senten-ce; l’sutre,que c’étoit chez le Cardinal de Cambrai que Gerson con-férois ordinairement avec ce Prélat, sur le moyen de faire condam-ner les Propositions de Jean Petit , comme on vient de le remarquer.L’Evèque d ' Arras lé plaignit donc dans ce Mémoire, que Jean Ger-son, se disant Ambassadeur du Roi de France, s’étoit porté manifeste-ment partie contre le Duc de Bourgogne, 6c qu’il avoit même agidéja en plusieurs occasions en cette qualité, fans attendre que le ter-me de la Citation de l'Evêque de Paris, 6c de l’Inquisiteur de la Foifût expiré, 6c même contre les ordres exprès du Roi de France Pourprouver ce fait, il marque sept occasions où Gerson s’étoit porté Dé-nonciateur de la Proposition de Jean Petit, 6c il produit là-dessusplusieurs Mémoires 6c Harangues de ce Chancelier de l’Université,entre autres un Sermon fur ces paroles, tu ne tueras point. L’Evê-que d 'Arras l’accuse même d’avoir marqué tant de passion dans cetteaffaire, qu’un jour il jetta tout en colère, aux pieds du Cardinal deCambrai , un certain Mémoire qu’il vouloir lire, parce qu’on ne l’é-coutoit pas assez patiemment, à fa fantaisie. Ce Mémoire de Ger-son portoit, au rapport de l’Evêque d 'Arras, ,, que la Propofition (a)„ de Jean Petit avoit été justement condamnée comme renfermant„ plusieurs erreurs contre la Foi, 6c contre les bonnes moeurs. Qu’il

„ falloit