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Tome premier.
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D E C O N S T A N C Ë. Liv. M. }<>i

XXXVI. Le cinquième de Juillet l’Empereur voulant faiieur.edernière tentative fur l’esprit de Jean Hus , lui envoya quatre Evê-ques avec Wencejlas de Duba 8c Jean de Chlum , pour lui demander,s’ìlvouloit abjurer les Articles qu’il reconnoijfoit pour siens , (fi à l’égardde ceux qu’il ne reconnoijsioit pas , quoiqu’ils eufiènt été prouvez., s’ilvouloit jurer qu’il ne les ternit pas , (fi qu’il n’avoit point d’autressientì-mens , que ceux àe l’Eglisie. Mais il répondit, qu 'il s’en tenoit à ladéclaration qu’il avoir faite le premier de Juiller. L’ancien Historiende fa Vie rapporte, que ce jour-là, comme on le tiroir de la prisonpour l’amener devant ses Commissures, Jean de Chlum lui parla,(8c ce fut,autant que j’en puis juger,pour la derniere fois,) en ces ter-mes. „ Mon cher Maître Jean Hus , je ne fuis qu’un homme fans„ Lettres, 8c par conséquent incapable de donner conseil à un„ homme éclairé comme vous. Cependant, si vous vous sentez„ coupable de quelqu’une des erreurs dont vous avez été accusé pu-bliquement, je vous prie de n’avoir point honte de la retracler.„ Mais si au contraire vous vous sentez innocent, bien loin de vous„ conseiller de rien dire contre votre conscience, je vous exhorte au„ contraire à souffrir toute sorte de supplices, plutôt que de renon-cer à aucune vérité, contre vos propres lumières”. Jean Hus ré-pondit fondant en larmes, qu ’il prenait Dieu à témoin que , comme ilVavoit toujours été , il étoit encore tout prêt à sie retraiter de tout soncœur , (fi avec Serment , des qu’on l’auroit convaincu d’erreur par destémoignages de l’Ecriture Sainte. Un des Prélats lui ayant dit là-des-sus, que pour lui, il ne scroit pas assez présomptueux, pour préférerion sentiment particulier à celui de tout un Concile. Bien loin delà , répliqua Jean Hus, fi le moindre du Concile me peut convaincred’erreur , je fuis tout disiposié à faire tout ce qu’on m’ordonnera. Voyez,dirent alors quelques Evêques, combien il est obstiné dans ses erreurs;après quoi il fut remené en prison jusqu’au lendemain jour de sàcondamnation, & le dernier de sà vie.

XXXVII. Le même jour Paul Voladimir, dont on a déja parléailleurs, l’un des Ambassadeurs du Roi de Pologne, présenta de lapart de son Maître à la Nation Germanique pour être communiquéaux autres Nations un Traité fous le titre de Démonstration , où ilentreprenois de prouver contre les Chevaliers de l’Ordre Teutoni-que; Qu'il n'est pas permis aux Chrétiens d’employer la voie des armes ,pour convertir les Infidelles ni de s'emparer de leurs biens , fous ce pré-texte. II y avoir quelques Canonises qui soûtenoient, (a) que de-puis l'avenement de J. C. , toute JurisidìUion , Principauté , Hon-neur , Domaine , avoit pasij'é des Infidèles aux Chrétiens , que la guer-re est toûjours permise à ces derniers contre les Infidèles , qui ne recon-noijsient point l’Empire Romain (si). On a vû que suivant ce Principe

les

(t) imperium Komanum, c’est à-dire»TEglisc Romaine,cela regarde les Payens Scles Chrétiens du Rite Grec.

T,r- U-r.

1 ' ' • . 'fin-. . ,

bép-^ez ■■Jeay. Hra.

5- Juillet.

V ‘ d. Hat d,.

T - p. 38^°p. Hus. T. /.fol. XXV. V-

r. u. fol. 3> , 3 ,

Affaire desPolonois aveci’Ordre Tcu-tonique.Juillet.

Voyez ci-def-fus. p. rz8.

(a) V. d. Hat d,T. 111. p. ç. îo.& Hi*.