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Tome premier.
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;§r HISTOIRE DU CONCILE

Mis- les Papes & les Empereurs avoient approprié aux Chevaliers de l'Or-dre Teutonique tout ce qu’ils pourroient conquérir fur les Infidèles ,• sous prétexte de les convertira la Foi Catholique. Les Chevaliersde leur côté ne manquèrent pas de se prévaloir de ces Bulles Lc de cesConcessions, pour s’enrichir aux dépens d’autrui, & pour étendre leurY-d.Hari.ubi domination au long & au large. Paul Voladìmir raconte dans ceJ*?- ?- iZ- Traité,qu’ils s’étoient même fait une Loi & une Religion d’aller fon-dre deux fois par an (i) fur les terres des Infidèles avec de grolses ar-mées, qui mettoient tout à feu & à sang, fans distinction d’âge ni desexe. Ce Docteur entreprend donc ici de montrer principalementdeux choses. L'une, que cette doctrine Lc cette conduite sont égale-ment contraires à l’équité naturelle & à la Loi Divine. L’autre,qu’clles ne peuvent être autorisées ni par les Concessions des Empe-reurs ni par les Bulles des Papes. Voions comment il sc prend à prou-ver l’un & l’autre.

Traité AcPanl XXXVIII. I c suppose d’abord que quoique les Infidèles ne soientVoladìmir c on- p as j e L Bergerie de l’Ëglife, ils sont pourtant de la Bergerie de J. C.,íícrs^e l'Or- 3 " & qu’ainsi son Successeur est obligé non-seulement de les paître, maisdre Teutoni- de les défendre, Lc de les protéger, quand ils vivent en bons Ci-?ue. toyens, bien loin de les maltraiter, ou de souffrir qu’on les maltraite.

II ne disconvient pas que le Pape n’ait l’autorité d’obliger les Infidè-les à recevoir des Prédicateurs, mais il soutient en même tems, qu’ilv.d. Hard. uiì n'est pas permis de les contraindre par la force à embrasser l’Evangi-fy.í’.ihío. j e> & qu’il faut les laisser à leur franc arbitre, parce que la conver-sion est l’ouvrage de Dieu, Lc que, selon le Droit Canon, c’est unemaniéré dc prédication entierement inouïe, que celle d’exiger la foià force de coups. C'eft ì dit-il, une méthode qui a été condamnée par lequatrième Concile de Polede^ qui ordonne de gagner les Juifs,par de bonstraitsmensffi non par des rigueur s (z), ce que Voladìmir étend générale-ment à tous les Infidèles. Mais comme on pouvoit lui objecter laguerre que les Espagnols faifoient aux Maures, il la met au rang desguerres justes, parce qu’elle n’a pas eu la Religion pour prétexte, Lcque les Espagnols n’ont fait que reprendre ce que les Maures avoientusurpé fur eux.

Après cela, Voladìmir fait voir, que quoique toutes choses fussentcommunes au commencement du monde, cependant les biens ayantune fois été partagez pour l’avantage de la Société humaine, lesPrinces Chrétiens ne fauroient en dépouiller ceux qui les poísedent,Juifs, ou Payens, fans violer l’équité naturelle, le Droit des gens,Lc la Loi divine. Que c’est par conséquent une impiété Lc une extra-vagance manifeste, de dire que les Infidèles font incapables de toutejuridiction Lc de toute possession depuis l’avénement de J. C., Lc

qu’on

(0 Les jours dc l’AíToraption, & de la Purification, & ils appclloient cette ex-pédition, Ríìjt , c'est-à-dirc, en Allemand, Voyage,