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Tome premier.
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427
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DE CONSTANCE. Liv. III. 427

clesiaílique. De sorte que si, selon ces Auteurs, l'Hérésie a été l’oe- iq

casion des troubles de Bohême, ìa conduite des Papes, Sc les dére-glemens du Clergé de Rome ayant été l’occasion de l’Hérésie, ii eûtfallu emploier, ou une indulgence, ou une sévérité générale. Danstout ce que je viens de dire, touchant la doctrine Sc la conduited c. Jean Hus ^ je n’ai pas prétendu être, ni son Accusateur, com-me quelques-uns le pourroient juger, ni son Apologiste commed’autres m'en soupçonneront peut-être. J’ai seulement voulu éclair-cir des faits qui n’ont pu être connus jusqu’ici, qu’au travers despréjugez Sc des passions. On verra par le récit que je viens defaire, que Jean Hus étoit encore assez éloigné de la doctrine queLuther prêcha environ cent ans après en Allemagne , Sc qui delà s’étendít dans la plus grande partie de l’Europe. II n’alloitpas même si loin que Wìclef , quoiqu’à proprement parler, il aitété son martyr j puisque c’est de lui qu’il avoit pris tous les prin-cipes, qui lui attirèrent fa condamnation, Sc qu’il l’auroit évitéefans doute, s’il eût voulu souscrire à celle de ce Docteur d’An-gleterre. 11 est vrai qu’on ne peut gueres douter, que si Jean Hus,eût vécu plus long-tems, St qu’il eût eu plus de tranquillité,ses principes ne l’eussent mené beaucoup plus loin, qu’il ne put al-ler au milieu de tant de traverses. C’est ce que l’Empereur prévitfort bien , lors qu’il fut d’avis, qu’en cas qu’il se rétractât onne lui laissât point la liberté de retourner en Boheme , ni mêmede prêcher nulle part, jugeant bien qu’il ne scroit pas d’humeur,ni de caractère, à s’arrêter à moitié chemin. Le bon Pere^ quil’exhortoit si tendrement à sc rétracter, crut ne pouvoir emplo-yer d’aiguillon plus piquant , qu’en lui disant, qu’il lui étoit encoredû des combats four la Foi. Jean Hus lui'-même fait assez compren-dre , dans quelques-unes de ses Lettres , qu’il n’étoit pas encorecontent des progrès qu’il prétendoit avoir déja faits dans la connoif-sance de la pure Vérité de l’Evangile. Dans la seconde dont ona parlé plus d’une fois , il espere que s’il retourne à Prague ,

Dieu lui fera la grâce de connoître de plus cn plus, & plus

purement les veritez Evangéliques , afin d’extirper la doctrine deXAntéchrist. Dans fa Lettre onzième , il dit encore qu’il espereque Dieu conservera la Chapelle de Bethlehem , & que sa Pa-

role y fera plus de fruit par le Ministère des autres, qu’elle n’ena pû faire par le sien. II paroît tout rempli de cette esperancedans ses Lettres." Dans la douzième, il dit, „ que ceux qui ont„ condamné fa doctrine , s’envoleront çà Sc là comme des papil-„ Ions, Sc que leurs Statuts ne dureront pas plus que des toiles„ d’araignée Le Concile de Constance n'ira point jusqu'en Boheme ,dit-il dans fr Lettre XIII. J'estime que plusieurs de ce Concile se-ront mort s, avant qu'on puisse arracher mes Ouvrages â'entre vos mains .fous ces gens-là dispersez comme des Cicognes , s'appercevront à l'entrée

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