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Tome premier.
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4*8 • HISTOIRE DU CONCILE

1415. de l'hyver , de ce qu'ils auront fait en été { 1). Comme ces idées luirouloient incesiàmment dans i’efprit, il n’eíì pas surprenant qu’ellesle présentassent en songe à son imagination, & quoiqu’il ne crût passes songes divins, comme il le déclare expressément, il ne laissoit(a )Epìst,XLlv. pourtant pas d’y faire beaucoup d’attention. (a) II songea une nuit,qu’il avoit peint J. C. sur les murailles de la Chapelle de Bethlehem,Òc qu’en même tems on avoit effiicé son Ouvrage, mais que le len-demain plulìeurs Peintres plus habiles que lui, aiant fait des imagesde J. C. beaucoup meilleures que les siennes, ces Peintres avoient dé-fié tout haut, 6c avec l’applaudissement du Peuple, tous les Evêques6c les Prêtres, d’effucer jamais ces images (z). Les amis de Jean Husne manquèrent pas d’expliquer ce songe d’une maniéré favorable à lesespérances. L’image de J. C., c’étoit son Evangile que Jean Husavoit prêché à Bethlehem, 6c qui après quelque tems d’interruptiondevoit être prêché avec plus d’éclat, 6c de pureté que jamais. Lors-qu’il fut obligé de fe retirer de Prague, à cause de son interdiction,il avoit écrit à ses amis, quelque chose d’à peu près semblable, quoi-que sous d’autres images. Faisant allusion à son nom qui signifieune Oys,il avoit dit, (3) que l'Oye est un animal domestique , qui ne s'é-carte -pas beaucoup (st qui ne vole pas fort haut , mais qu'il viendraitd'autres Oiseaux qui s'éleveroient à tire d'ailes au-dejsus des piégés del'ennemi.

Si Jean ms a LVIÍI. C’e s t apparemment fur ces paroles qu’est fondée une cer-prophetisé. _ t aine tradition, qui porte que Jean Hus avoit prédit la Réformation1 Ecdes. lt ’p H (!i6 Luther en ces termes, qu’on prétend qu’il prononça devant sesTheobald. de U J u g es - Vous rótijsez aujourdhui une Oye , mais dans cent ans il vien-guerre Husit. dr a un Cygne blanc que vous ne pourrez jamais faire mourir. Mais cet-taf. r;. te prétendue Prophétie aussi-bien que beaucoup d’autres en pareillesoccasions, m’a bien la mine d’avoir été faite après l’évenement,pourdonner en même tems, & à Jean Hus la gloire d’avoir été Prophète,ôc à Luther celle d’avoir eu une Mission Divine. Les deux Rela-tions de la Vie 6c de la Mort de Jean Hus faites par fes propres Dis-ciples 6c par ses Auditeurs assidus, n’en disent pas un seul mot. D’ail-leurs dans les paroles de Jean Hus que je viens d’alíeguer, il ne parispas de Cygne, mais d’Oiseaux en général, 6c il n’y a aucune dé-signation de tems. Et même si on lit les paroles suivantes, on trou-vera que Jean Hus parle plutôt du présent que de Pavenir. Ju lieud'une Oye faible (st timide , Dieu , dit-il, a envoyé à Prague des Fau-cons

( 1 ) 11 fut condamné 8c brûlé au mois ds Juillet. Ifèascrìbo, non qu'od me ssti-me m Propbetam aut me extollam , Jed ad dìeenâum vebis , qitod habui tentationes m cer-pore esc in mente. Epist. XXXIII,

( 2 ) lìla vìta. Chrísti per plures Pradicatores melioret me, melius depingetur, gaudente

populo qui diligit vitam Chrifli , de quo ego gaudebo , evigilando , id ejl, refiirgendo immuìs. Ep. XLVI- ' _

(3 ) Sed quia mjer mimai cicur , avis domestìca , suprema volattt suo non pertingens

eorum