DE CONSTANCE. Liv. III. 42P
cons 13 des Aigles , dont la vue est plus perçante que celle des autres Oi-seaux, Í 3 qui les enlèvent tous pour les donner à J. C. C’est ce qu’ilavoit déja dit ailleur^en termes moins figurez. J'èspere, dit-il , qu’ilviendra âpres moi (& même il-y en a déja ) de meilleurs Ouvriersqui découvriront mieux la malice de d Antéchrist , Ì 3 qui sacrifierontleur vie pour la vérité de VEvangile. 11 n’y a rien en tout cela quede fort nature], & qui ne pût ailément venir dans l’esprit d’un hom-me dispoíe comme l’étoit Jean Hus , & dans la íìtuation où croientalors les assures de la Religion en Boheme, & en quelques autres en-droits du monde. 11 faut faire le même jugement d’une autre prédic-tion qu’il fit encore, à ce qu’on prétend, à ses Juges, & qui paraîtmême fur quelques Médailles frappées, dans ce Siecle-là, à ce queconjecturent quelques Connoiíl'eurs. Dans cent ans d?ici vous répon-diez à Dieu & à moi (4). Je ne trouve rien de pareil ni dans sonexamen, ni dans les Relations dont je viens de parler, non plus quedans ses Lettres. II elt bien vrai que dans la quarante-fixiéme il té-moigne, (f) qu’il dit expressément à fcs Juges, qu'il prenoit pour sonAvocat J. C. quï les jugerait tous dans peu de tems. Mais il est clairqu’il faut entendre ces paroles de la même maniéré, que ce qu’il dità lés amis, qu’il espère qu’ils jouiront tous de la gloire céleste avantqu’il soit trente ans. On peut, fans être Prophète, faire à coup sûrce jugement de la plupart des personnes, qui ont atteint l’âge de 40.ou p o. ans. C’est ce qui me fait soupçonner que cette Médaille pour-rait bien être de ìa même date que l’autre Prophétie. Je m’en rap-porte pourtant à ceux qui s’y connoistènt mieux que moi. Maisen qualité d’Historien , je ne puis me dispenser de donner ici lesdiverses Médailles, qui ont été frappées en divers tems au sujet deJean Hus , avec les jugemens qu’en ont porté les Savans, aussi bienque la Prophétie qui y est écrite. La premiere qui fe trouve, dansle Cabinet des Médailles du Roi de Prusse, représente d’un côté JeanHus (Joa-Hus) avec son bonnet de Prêtre, & une barbe astëzlongue. On lit ces paroles à la marge extérieure, Je croi une EgliseSainte , (3 Catholique , (Credo unam esse Ecclefiam Sanélam,Catha-licam) Au revers de la Médaille Jean Elus paraît attaché à un po-teau, ayant sous les pieds un bûcher ardent, & fur la tête une Mi-tre de papier, où sont peints des Démons. On lit ces paroles dansla marge intérieure de ce côté de la Médaille, Jean Hus a été con>-damné l'an 1415. de Notre Seigneur > (Johannes Hus anno à Christo
nato
eorum laqueos rupjt, nthtlominusaïu ares, qut verbo Del e? vit a vclatu fuo ait a pe-tunt , eorum invidias contèrent. Ep. VI.fol 96. z.
(4) Centum amis revolutis Deo reddetis ratìonem cr mihi. Ces paroles se trou-vent sur une Médasle du beau Cabinet du Roi de Prusse. Le savant Mr. Sdor,qui a la garde de ce Cabinet, juge qu’elle eii du XV. Siecle.
(s) Expresse dicens: Dominas je/us meus advocatus fit cr procurât or, qui vos emmsbrtvi judicabit. Ep. XLVI.
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