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Tome premier.
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431
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DE CONSTANCE. Liv. III. 431

sis) D. M. Luther, aâ. Rep. ( Repurgandam velReparandam) Doit. Cœ. 14r5.

( Cœlitus , vel Cœleftem ) à Deo. excït. cmno. 1517.) Mr.Jmcker don-ne encore dans le même Ouvrage, une Médaille, fur Jean Hus , &fur Luther , qui fe trouve dans le Cabinet du Comte de Schwartz-bourg d'Arnstad (a), Elle représente d'un côté Jean Hus , avec ces (^Anthomtparoles, 11 n'y a que la Foi qui nous rende agréables à Dieu. ( Sola. Gontíer.Deo. acceptos. nos.facit. ejsie.fides.) & de l’autre Luther avec ces pa-roles, Vivant j'ai été ta pefte , mourant je sieraì ta mort , ô Pape.

(Pefiis. eram. vìvus. moriens. ero. mors. tua. Papa.) Tout ce que jeviens de rapporter fait voir clairement, que si Jean Hus n’allapas plus loin , ce n’est pas qu’il crût qu’il n’y avoit plus rienà sûre. De forte que íì les Protestans n’ont pas été en droitde le regarder comme un Martyr des mêmes veritez , qu’ils fontprofession de croire, ils ont pu au moins le regarder comme unexcellent Précurseur de la Réformation. Mais comme on ne brû-le pas les hommes pour les mouvemens du cœur , St pour lespensées qui peuvent leur rouler dans l’efprit, tous les projetsque Jean Hus auroit pû faire de pousser plus loin la Réforma-tion de P Eglise Romaine, ne fauroient justifier le Concile , deLavoir traité d’une maniéré si cruelle & si inhumaine. C'est, fansdoute , pour justifier la conduite de ce Concile , qu’un Histo-rien passionné jufqu’à la fureur a jugé à propos de donner à laPostérité une idée si affreuse de Jean Hus , qu’on ne pourroitpas mieux réussir à peindre le Démon lui-même. Les Payens ,dit - il, les Turcs , les Tartares , les Juifs , les incestueux , lesparricides , Caïn , Thyeste , Pharaon , Herode , les Anthropopha-ges , les Sodomites , siéront traitez au jour du jugement avec moinsde rigueur que cet Hérétique. Tout le monde trouvera que le prog-nostic est un peu fort, & il y aura lans doute des gens moins

emportez qui jugeront plus équitablemcnt d’un homme , qui , del’aveu de ses propres ennemis, égaloit, si même il ne les sur-passait pas, les plus grands hommes de son temps, par son éru-dition , par ses divers talens, 8c par la régularité de ses mœurs.

II n’y a ni Catholique ni Protestant,j’oserai même dire, ni Turc, niPayen, qui, malgré la bile qui est répandue de tems en tems dans sesLettres, n’y admire la grandeur 8c la pieté de ses scntimens, la: dé-licatesse de fa conscience, fa charité pour ses ennemis, fa tendresse5e se fidélité pour ses amis, se reconnoissiince envers ses bienfaic-teurs, mais fur tout une fermeté d’ame accompagnée d’une mo-destie 8c d’une humilité tout extraordinaires. Si ces Lettres avoientété écrites à dessein de les rendre publiques on pourroit le soup-çonner d’avoir fait l’hypocrite 8c le comédien, pour en imposerau public, comme on a dit, qu’il avoit fait dans cette vûe quel-ques Ouvrages de pieté dans se prison. Mais elles font écrites 8cenvoyées avec beaucoup de précaution, à des amis intimes qui n’a-

voient