D E C O N S T A N C E. Liv. IV. 4 8 j
ïnais pour n’y pas faire un long séjour, comme on le verra dans 1415.'
k fuite.
XXVII. Le huitième de Septembre on entendit un Sermon ' Sermon tou-íùr ce Texte de Jeremie (a), Où est la Parole du Seigneur ? Le chant Ks-Prédicateur comparant le présent avec le passé fe plaint amere- "jeremiement de ce qu’il ne trouve plus d’Eglise dans le monde; Julienqu'autrefois elle dominoit fur tous les hommes (st fur les Empereursqu'elle depofoit quelquefois , elle n'est plus aujourdhui que leur servan-te (st leur esclave , comme Agar. Elle avoit le plaisir de voir fesenfans bien unis , elle est maintenant déchirée par la désunion de fesMembres : Les Sacremens y étoient saintement administrez au lieuqu'ils font tombez dans le mépris (st dans la profanation. Aprèsavoir cherché long-tems l’Eglife inutilement elle lui apparoîc en-fin fous l’imáge d’une grande & belle Reine, à peu près commela Philosophie se montra à Boé'ce , affligé de ce qu’il n’y avoitplus de vertu dans le monde. L’Eglife découvre au Prédicateurles causes de íà décadence 8c de son humiliation , premierementdans l’avarice & dans la cupidité des Ecclésiastiques, secondementdans leur faste & dans leur orgueil, en troisième lieu dans l’Ido-latrie 8c dans l’Hérésie. Après une longue déclamation contre cesvices, voici le portrait qu’il fait du Clergé. „ L’Eglife, â-/ 7 ,n’a,, point aujourd’hui de plus grands ennemis que les Ecclésiastiques.
„ Car qui font ceux qui s’oppofent le plus à la Réformation? Sont-
ce les Princes Séculiers ? Bien loin de là; ce font eux qui la de-„ firent avec le plus d’ardeur, qui la demandent 8c qui 1a recher-„ chent avec le plus d’empressement. Qui font ceux qui déchirent„ la robe de J. C. sinon les Ecclésiastiques, que l’on peut comparer„ à des loups affamez qui viennent dans la bergerie fous des peaux„ de brebis, 8c qui fous des habits religieux cachent des âmes im-„ pies 8c scélérates ”. Le reste du Sermon est employé à des exhor-tations à la repentance.
XXVIII. Ce fut à peu près dans ce même tems qu’il vint à Lettre desConstance, une Lettre des Grands de Boheme au Concile, où ils j^èfau Cou"protestoient contre le supplice de Jean Hus. Cette exécution fut en à.
Boheme comme de l’huile jettée dans un brasier ardent. Dès que la 8. Sept.nouvelle en vint à Prague, elle enflamma plus que jamais le zèle de s y tv -
fes Disciples. Ils s’assemblerent dans la Chapelle de Bethlehem pour ' pic(>l
décerner les honneurs du Martyre à Jean Hus & à Jérôme de Pra- comment, l. v,gue , qu’ils croyoient avoir déja subi le même fort que son Collègue. Mm-O11 parloit hautement des Peres du Concile comme de persécuteurs,
Sc de vrais bourreaux. Le Roi lui-même 8c les Grands du Royaume ihèod.Vrieregardèrent ce jugement comme un affront que le Concile avoit fait v.d.Har.T.i.
au P- IlS -
ge Sigismundo, diminue nemo fe exhiíuiffet, accusasse velut ìn publìcis Criminibus autlitibus ejus contumaciam, e? ubfcejjijse. Spond. ad an. 1415.^.753.
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