DE CONSTANCE. Liv. IV. 4 fr 7
Máis entre ces Seigneurs (a) , il n’y en eut aucun qui parût plus vsensible à l’exécution de Jean Hus, que Jean de firocznou Chatnbel-lan de Wencejlas, qui depu's le rendit si fameux & si redoutable fous ' * 'le nom de Ziska , c’cíì-à-dire, Borgne, en Bohémien, parce qu’il per-dit un œuil dans une Bataille. Comme il en fera beaucoup parlé dansía silice, il n’est pas hors de propos de dire quelque chose de là nais-sance , 6c de Ion caractère. Ziska, que Mr. Varìllas appelle le plusgrand & le plus heureux Capitaine de son tems, étoit né d’une familleNoble, mais pauvre, dans un Bourg de Boheme nommé.Trocznow,appartenant aux Chanoines Réguliers du Monastère de Trebone enBoheme, dans lequel il avoit été élevé. Ce qui sit qu’entre tant deMonastères qu’il détruisit, il épargna celui-ci. Bohujlas Balbìnusnous apprend, par parenthèse, qu’il y avoit dans ce Monastère unetrès-belle Bibliothèque, dont il donne la description (b.). La vie dé-reglée du Cleigé lui avoit inspiré depuis long-tems une grande a ver- p, 67.4Z4. •fion pour les Ecclésiastiques. Mais outre cela, il en avoit une rai-son particulière. Car on prétend qu’une de ses Sœurs, qui étoit Re-ligieuse, avoit été débauchée par un Prêtre ou par un Moine. Onpeut juger que le supplice d t Jean Hus qu’il regardoit comme le Doc-teur de Ja Boheme, ne lui adoucit pas l’esprit. Un Auteur de cetems-là raconte, qu’un jour qu’il se promenoir, rêvant là-dessus pro-fondément dans la Cour du Palais Royal, le Roi le sit appeiler, &lui demanda quel étoit le sujet de sa rêverie? „ G’eú.,dit-il, lé sanglant„ affront qu’on vient de faire au Royaume deBoheme par le supplice„ de Jean Hus ”. Nous ne sommes pas en état ni vous ni moi, réponditWencesias, de mus vanger de cet affronts fi pourtant vous en savezquelque moyen, prenez courage, & vengez vos Compatriotes. Ziska ac-cepta le parti de bon cœur, & commença dès lors â méditer les pro-jets qu’il exécuta dans la fuite. Au reste, ce ne fut pas dans cetteguerre de Religion qu’il fit son apprentissage. 11 s’étoit distingué de?puis plusieurs années au service du Roi de Pologne, ct il se signalamême dans la Bataille que ce Prince gagna fur l’Ordre Teutoniqusen 1410.
XXIX, La Lettre & la- résolution des Grands de Bohe- Troisième Au-'--me engagea le Concile à faire tous ses efforts, pour porter Jérô~ díencede2A>-me de Prague> à se rétracter, afin de n’en pas venir à son égard aux mt 4 e Prague.-mêmes extrémitez qu’à l'égard de Jean Hus. On a déja vû la ma-niéré tumultueuse dont s’étoit passé son prémier interrogatoire le z 3de Mai. Le :z». de Juillet les Députez des Nations s’étoient assemblez;dans l’Eglise de St. Paul, 6c l’avoient tiré de fa prison pour l’interro-ger encore une fois. Ayant donc comparu l’onziéme de Septembre, ìï.Sèpi,;dans une Congrégation publique, on fit tant par promesses ct par.menaces, qu’il signa enfin un Ecrit par lequel il se soûmettoit auConcile, & approuvoit la condamnation des erreurs de Wiclef & de,
Jean Hus, s’cxcufont fur ce qu’il n’avoit pas cru d’abord que les Ar-ticles-.