DE CONSTANCE. Liv. IV. su
XLV. I l y eut le ip. de Decembre une Assemblée de Députez 1465 :des Nations, où Jean â/à-r,pour lors Président de la Nation Ger- Assemblée desmanique, fe plaignit de la lenteur avec laquelle on traitoit l'assaire i<é-
de la déformation. Te Concile, dit-il (r), a été assemblé pour formation.
„ trois raisons principales j pour éteindre le Schisme, pour condam- *9- D ec.
„ ner les hérésies, Sc pour réformer l’Eglise dans son Chef, Sc dans v . d ' li s r ’ r ' Iv '„ ses Membres. On a déja très-justement condamné Jean Hus Sc 553J déposé Jean XXIII. . Mais on continue tous les jours à cornmet-„ tre les mêmes crimes qui ont fait déposer ce Pape, Sc principale-„ ment le crime de Simonie. La Nation Germanique a vainement„ redoublé jusqu’ici ses instances pour la condamnation de cet abus„ Sc de tous les autres, auffi-bien que pour la punition exemplaire„ des coupables. Mais, à la honte du Concile , on use à cet égard„ d’une indulgence Sc d’une dissimulation très-criminelle ”. Aprèsavoir fait fa plainte, Sc fa protestation, il prie les Députez detravailler incesiàmment à cette affaire , auíîì - bien qu’à celle de Jé-rôme de Prague qu’il n’avoit pas moins à cœur. On verra bien-tôt quelle fut l’issue de la derniere. Celle de la Réformation n’allapas si vite.
XLVI. Le vint-sixième un Hermite de l'Ordre de St. Augustin, Sermon fur lídu Diocèse de Maycnce, prononça un Sermon sur la Réformation de Réformation. -l’Eglise. II avoit pour texte ces paroles, Béni'soit celui qui vient aunom du Seigneur , í’ayant trouvé fans doute fort propre à faire desantithèses fur le sujet du maudit Sc obstiné Benoît , Sc des allusions auretour de T Empereur qui étoit en chemin pour revenir au Concile,
Sc à qui il donne des éloges magnifiques. Après avoir fait une belleénumération des devoirs des Ecclésiastiques selon la diversité de leursrangs, Sc de leurs emplois, il fe plaint qu'au lieu de rhumilité,dontils dévoient donner l’exemple au Peuple, on ne voit en eux qu’or-gueuil, qu’ambition, qu’interêt Sc avarice, que luxure,- gourman-dise, Sc yvrognerie, que mollesse Sc fainéantise, que division, Scqu’envie, Sc il attribue ce désordre aux mauvaises voies dont on sesert pour entrer dans les Emplois de l’Eglise. On raporte , dit-il,que Socrate rioìt un jour en voyant de grands voleurs en faire mener depetits au gibet , il riroìt bien encore aujourdhui s'il étoit au Concile deConstance où Ion voit les grands larrons , c'est-à-dire , les Simonìaques ,suspendre les petitsì Le Prédicateur n’est pas moins zélé pour l'extir-pation des Hérésies dans la Foi Sc dans les Mœurs, que pouf la Ré-formation.- 11 censure fortement la lenteur Sc la timidité des Juges5c des Commissaires à cet égard, St il exalte beaucoup le zèle duMargrave de Mifnie, Sc de Gunther de Schwartz.enbourg Pere de V Ar-chevêque de Magdebourg qui avoit f ait brûler environ deux cens Héréti-ques
(i) Ce mfon étoit un Théologien Allemand & Fun des principaux Antagoniste?de Jum Hus.