Band 
Tome second.
Seite
18
JPEG-Download
 

i8 HISTOIRE DU CONCILE

2417. peu de cas qu’il avoit fait de fa médiation , Ist de son opiniâtreté à n epoint recevoir les conditions de Paix qu'on lui offroit , il lui déclara , qu'ilavoit fait Ligue avec k Roi d’Angleterre contre la France , 'dont les Roisretenaient injustement depuis longtemps des Terres appartenantes à FEmpi-

(a) vb. fupr, re, & qu'Ù F en avertijfoitafin qu'il n'en fût pas surpris (a). Dire,P* 883, comme íe P. Maìmbourg ,que ce Traité étoít préjudiciable à l’Union

de l’Eglise, c’est très-mal prendre le fait. La réconciliation des deuxRois pouvoit favoriser l’Union de PEglife, mais cette réconciliationn’ayant pû se faire, il étoit indifférent par rapport à l’Union de PE-gbse, que Sigismond fût dans le parti de l’Angleterre, ou dans celuide la France. J’ai même un grand penchant à croire que ce Traitéde Sigismond avec Henri V. nc fut qu’un Traité provisionel, dont Si-gismond mécontent de la France, auroit pû se servir en cas de besoin.11 ne seroit peut-être pas mal aisé de trouver dans les Archives de di-vers Pais des exemples de Traiter provifìonels, qui n’ont jamais eud’efïet comme celui-ci n’en eut point, témoin le T. Dâé/. Ce ne

(b) Ub frpr. f uymt •> dit-il, que de s menaces fans effet (b).

Quant au reproche qu’on fait à Sigismond d’avoir eu dans ses Voya-ges & dans ses Traitez d’autres vûes que PUnion de l’Eglise, c’est unreproche mal fondé, à moins qu’on ne fasse voir que les vûes qu’ilpouvoit avoir d’ailleurs étoient contraires à cette Union. 11 n’est dé-fendu à personne, beaucoup moins aux Princes,d’avoir plusieurs vûesdans leurs démarches. Si en traitant avec le Roi d’Angleterre il euten vûe de recouvrer des Terres qu’il prétendent que la France avoitusurpées fur l’Empire, il ne préjudicioit point par-là à PUnion, & ilne faísoit rien que tous les Princes ne fassent, quand ils ont occasionde faire valoir leurs prétentions. A l’égard de celles qu’il avoit sorquelques Terres détachées de l’Empire, 6c en particulier for le Ro-yaume de iseargog/îe, ou àéArles , on peut en passant entendre le sen-timent de Théodorkj ou Thierri de Niem. „ Le Royaume d’Arles,dit-„ il, ou de Bourgogne relève immédiatement de l’Empire, Otton„ premier Payant acquis depuis cinq cens ans de Bofon dernier Roi„ d’Arles, qui Punit, & ì’incorpora à l’Empire, 6c qui lui est trés-„ nécessaire. Car alors l’Empire pouvoit par - là réprimer par Terre,„ & par Mer, les Puissances voisines, comme les Italiens, les Fran-çois , & d’autres, 6c en tirer plusieurs autres avantages, ainsi qu’il„ s’est pratiqué depuis plus de trois cens ans. Mais depuis cent ans,„ ou environ, à cause des brouilleries arrivées dans P Empire, 6c par„ h négligence des Empereurs, 6c des Rois des Romains, sauf le„ respeá.que je leur dois, ce Royaume a été déchiré, 6c a passé en.des mains étrangères, comme dans celles de plusieurs Prélats, &„ de plusieurs Princes, 6c Grands Seigneurs Séculiers. De là vient„ que par cette négligence, 6c cette inaction des Empereurs les ha-bitans de ce Royaume font opprimez, par divers Tyrans, de quoiles Rois des Romains rendront compte, s’ils ne se réveillent pas

„ de