DE CONSTANCE. Liv. V. 4f
dans les Assemblées des Nations, ils ne pourroient plus se taire sanstrahir leur propre cause. Passant ensuite aux raisons des François ilsréfutent leur Mémoire d’un bout a l’autre. 11 s font voir par lespropres termes des Bulles de Benoit XII. , que quelque partialité quece Pape eût fait paroître pour 1 a France, son intention n’avoit pour-tant pas été de faire un partage de Nations, ni de décider de leursrangs, non plus que de confondre l’Angleterre avec l’Allemagne,beaucoup moins de lui ôter le droit de faire une Nation, ou une par-tie de la Chrétienté, mais que son intention avoit été seulement d’enfaire une distribution qui fût à la commodité des Prélats pour leursvisites, 8c pour la tenue des Chapitres des Bénédictins. A l’égardde l’Antiquité & de l’étenduë de la Nation Anglicane, il soutientque le Pais de Galles, l’Ecosse & l’Irknde sont de cette Nation,quand même quelques-uns de ces Peuples n’obéïroient pas au Roid’Angleterre, tout de même que plusieurs Provinces, qui ne relèventni du Roi de Castille, ni du Roi de France, ne laissent pas d’être del’Espagne & de la France, comme la Provence, le Dauphiné, laSavoye, la Bourgogne, la Lorraine, Sc plusieurs autres Provinces,qui sont censées de la Nation Françoise, quoi qu’elles n’obéissent pasau Roi de France. Sur ce pied-là Sc selon le calcul des Anglois,l’Angleterre ne cede en rien au Royaume de France ni pour l’éten-duë, ni pour la dignité, ni pour l’antiquité. A l’égard de l’éten-duë, ils comptent qu’à prendre l’Angleterre depuis le Nord jusqu’auMidi elle a d’étendue huit-cens milles d’Angleterre, c’est-à-dire qua-rante journées de chemin, ce que n’a pas la France, selon l’opinioncommune. D’ailleurs la Nation Anglicane a huit Royaumes, savoirl’Angleterre, l’Ecosle, le Pais de Galles, qui tous unis son t kGrande Bretagne , l’Irlande & quatre autres Royaumes voisins del’Angleterre, les Isles Orcades qui sont au nombre de soixante, 6cdont l’étenduë égale ou furpaíîë même le Royaume de France ,trente-deux Comtez, cinquante-deux mille Eglises Paroissiales, fanscompter les Cathédrales, les Collégiales, les Prieure/,les Hôpitaux:au lieu qu’en France il n’y a pas plus de 6ooo. Eglises Paroissiales, Scseulement quatre à cinq Comte/. „ II est vrai, disent les Anglois ,„ que les François attribuent onze Provinces Sc 13p. Díocèíës à k„ Nation Gallicane, mais supposé que leur calcul soit juste, si une„ aussi petite difference les autorise à priver l'Angleterre du droit de„ faire une Nation dans le Concile, il faut à bien plus forte raison„ que les italiens contestent ce droit à k France,puisque l'Italie a 313.„ Diocèses, au lieu que les François eux-mêmes ne s’en attribuent,, que 13y., en comptant ceux de Provence, de Savoye, de Dau-„ phiné Sc de Lorraine.
A l’égard de l’Antiquité de k Nation Britannique en qualité deNation Chrétienne, si ce Mémoire fait beaucoup d’honneur à l’An-gleterre en attribuant fa conversion à Joseph d'Arimathée , il n’era
F ; fait.
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V. d. Jiurdt.T. K p. 89.
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