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DE CONSTANCE. Liv.
VI 16 j
Ainsi finit
reprit sa place pour entendre le 2e Deum ôt la Musique,la cérémonie.
VI. A u sortir delà le Pape monta son cheval blanc, qui étoit . Les Juifsprécédé de trois autres chevaux de main tous trois blancs aussi ôt ca- ,rn Pl°[ ent îaparaçonnez de rouge. Le bas Clergé marchoit devant à pied suivi des p a p e .Abbez, des Evêques, des Archevêques, des Cardinaux, tous à che-val. L’Empereur tenoit encore à droite les rênes du cheval du Pape,marchant à pied dans la boue, comme le remarque expressément maRelation, de même que l’Electeur de Brandebourg à gauche. Tout
le reste de la Noblesse suivoit à pied. On mena ainsi le Pape en Pro-cession depuis la Cathédrale jusqu’aux Augustins, d’où on le ramenaau Palais Episcopal. Pendant cette Procession les Juifs de Constance«'assemblèrent au milieu de la Place pour faire hommage au Pape (z),avec des flambeaux à la main ôt chantant ou récitant à leur maniéré.
L’un d’entr’eux portoit le Décalogue, ôt les cinq Livres de Moïsequ’il présenta au Pontife. Le Pape s’arrêta, prit le Volume entreses mains, & leur dit en le leur rendant, Vous avez une Loi,mais vousne Fentendez pas , les choses vieilles font paff'ées , toutes choses font faites-nouvelles. C’est ainsi que les Actes de Vienne rapportent ce fait, maisDacher raconte la chose tout autrement. 11 dit que les Juifs présen-tèrent à la vérité le Volume de leur Loi à Martin V. le priant deconfirmer leurs privilèges, mais que le Pape ayant refusé de rece-voir ce Volume, l’Empereur le prit, en faisant ce reproche auxJuifs, Vos Loix font justes {st bonnes , aucun de nous ne les rejette , maisvous ne les observez pas comme vous devriez. Après quoi leur ayantrendu leur Livre, le Papesse tourna vers eux en prononçant ces pa-roles, Dieu veuille leur ôter le voile de devant' les yeux , afin qu'ils ap-perçoìvent la lumière de la Vie éternelle , & il leur donna fa bénédic-tion en ces mots : Au- nom du Per-e , du Fils {st du Saint Esprit ,
Amen (a).
VII. Les Actes de Vienne portent, qu’en mémoire de cettejournée où Martin V. fut couronné, il donna aux Abbez r , quin’étoient pas mitrez, le privilège de porter la mitre à pareil jourdans leurs Couvents, mais ce Privilège ne regardoit que les Ab-bez qui vivoient alors, ôt non leurs Successeurs. Nous avons crûdevoir rapporter tout d’une fuite le cérémonial de T Election , duSacre, & du Couronnement de Martin V. afin de ne pas interrom-pre le fil de l'Histoire par des choses qui ne font pas à la véritéfort essentielles, mais que l’on est pourtant bien aise de ne pas igno-rer. Venons à présent à ce que fit le Pape dès le lendemain de sonélection.
VItl. Nous avons vu qu’il envoya, de l’agrément du Concile,
Ber-
C 1 ' Mutas Syhius témoigne que les Juifs firent la même chose à Bafie, lorsqueSà V. y fut élû. JEn, Sylv. Cont. Sas. iij.
(a) Ap.V.d.H. T. IV p.1491 -Privilègesaccordez auxAbbez.
Le Pape no-tifie par foutson élection.