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Tome second.
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DE CONSTANCE. Liv. VI. *Si

retranchement de la Coupe; C’est que comme elle n’étoit donnéeautrefois aux fideles qu’en signe du sang qu’ils étoient toujours prêtsà répandre pour le nom de Jesus-Christ, on a eu raison de la leurretrancher , lorsque le zèle du martyre s’est refroidi dans l’Eglise.Dans le Chapitre suivant l’Auteur veut autoriser ce retranchement dela Coupe par un raisonnement qui seroit plus plausible, si le principeen étoit bien prouvé: C’est que le Corps & le Sang de Jesus-Christfont tout entiers dans chaque espece du Sacrement, & en particulierfous l’espece du pain, Jesus-Christ ayant dit du pain seulement, Jefuis le pain de vie , qui fuis descendu du Ciel, quiconque mangera de cepain , vivra éternellement. C’est, dit-il, pour affermir le Peuple danscette Foi ,que l’Eglise lui a ôté le Calice, de peur qu’il ne s’imaginâtque Jesus-Christ est plus pleinement fous les deux Especes que fousune feule. Car, selon ce Docteur, les deux Especes ne font pas né-cessaires au Sacrement de l’Eucharistie par rapport à son eílènce & àton efficace, & Jesus-Christ ne les a instituées que pour une plusclaire & une plus ample signification de plusieurs mystères que Mau-rice explique dans le Chapitre onzième. Mais, continue-t-il, com-me le Peuple est trop ignorant & trop greffier pour appercevoir lerapport qu’il y a entre le signe & la chose signifiée, c’est avec raisonque l’Eglise a réservé le Calice comme un Privilège particulier auClergé, qui est plus intelligent. A l’égard de ce passage de St. Jean,Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, & fi vous ne buvez sonsang , &c. Maurice l’explique, comme St. Augustin , de la manduca-tion spirituelle qui se soit par la soi en la paffion de notre SeigneurJesus-Christ. Ce fut ce même passage qui détermina Pierre de Dref-den en faveur de la Communion fous les deux Especes, & qui l’enga-gea à s’en ouvrir à Jacobel. Depuis on s’en est servi pour íbûtenirla Présence réelle & la Transsubstantiation, mais fort mal à propos depart & d’autre, puisque dans ce passage il ne s'agit nullement del’Eucharistie. Et si Jacobel n’eût pas eu d’autres raisons, Ôc d’au-tres passages de l’Ecriture pour appuie r la Communion fous les deuxEspeces, il eût eu très-grand tort de faire tant de fracas fur un siléger fondement. De tous ces principes Maurice conclut son premierLivre en soutenant que les Laïques sont obligez de se soumettre auxConciles Généraux tant à l’égard de ce changement, qu’à l’égarddes autres que l’Eglise a fait, non seulement dans le Sacrement dela Ste. Cène, mais auffi dans celui du Baptême. Le Baptême, parexemple, dit-il, selon l’institution de Jesus-Christ, ne devoit êtreadministré que par les Ecclésiastiques, mais depuis, l’Eglise a jugé àpropos de le faire administrer, en cas de nécessité, par des femmes,& même par des Juifs & des Payens, pourvû qu’ils observent les cé-rémonies de l’Eglise, & qu’ils ayent intention de faire ce que l’Eglisefàit. II allègue d’autres changemens que l’Eglise a faits, & qu’ilprétend qu’elle, a pû faire légitimement malgré la pratique des Apô-

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