Band 
Tome second.
Seite
202
JPEG-Download
 

r.liS*

201 HISTOIRE DU CONCILE

entre Basle Sc Zurich. Mais comme les Suisses n’avoient pris les ar-mes contre le Duc qu’à condition de garder ce qu’ils acquerroientdans cette Guerre, ceux de Baste ne se trouvant pas d’humeur à rienrendre, ils en furent quittes pour une bonne somme d’argent qui ac-commodoit peut-être autant PEmpereur que toutes les Places qu’ildemandoit. 11 s’accommoda fur le même pied avec les autres Villesde Suisse. D’autre côté Ebhard Windek , de qui l’on tient la plupartde ces particularité!, fut envoyé àMayence, à Wormes Sc a Spirepour redemander quelques Villes du Palatinat, Sc des environs, quiavoient appartenu à l'Empire, comme, Oppenheim , Keisersìauter ,Ingelsheim Stc. Les Villes de Mayence, de Spire, St de Wormesenvoyerent leurs Députez à Constance pour en traiter avec l’Empe-reur, mais ils s’en retournèrent fans rien conclure, hormis ceux deMayence à qui il relâcha quelques impôts. Toutes ces petites négo-tiations n’aboutisioient qu’à faire avoir de l'argent à l’Empereur quien manquoit toujours, Sc qúi en empruntoit de toutes parts. H^tndekrapporte qu’il demeura lui-même long-temps à Bruges pour servir decaution d’une somme que Sigismond avoit empruntée de cette Ville.Comme l’argcnt lui manquoit par tout, il emprunta aussi en Angle-terre, où les Anglois, du consentement de l’Electeur Palatin, luicomptèrent une partie de la dot de Blanche Fille du Roi d’Angleter-re, qui avoit épousé cet Electeur en 1401 (r). Lorsque l’Empereurfut de retour à Constance, l’Electeur ayant redemandé son argent,l’Empereur le menaça de lui faire rendre ce qu’il avoit usurpé furl’Empire, & c’est ce qui fut cause de la brouillerie dont nous avonsparlé ailleurs. II paroît néanmoins par l’Histoire que les voyagesqu'entreprit l’Empereur pour le bien public ne lui étoient pas malpayez. Quand il fut arrivé à Lyon les Ambassadeurs, que lui en-voya Charles FI- pour le prier de pacifier la France Sc l’Angleterre,convinrent avec lui de lui donner trois cens écus par jour pendantson séjour en France. La Ville de Narbonne en particulier lui fitprésent de fix mille écus, lors qu’il y arriva. II rançonna par toutles Pais Sc les Villes où il avoit quelque autorité. II ne pardonna auDuc d’Autriche qu’à condition qu’il lui donneroit trente-six milleécus argent comptant. II faut pourtant convenir que tout cela nefuffifoit pas à beaucoup près pour fournir aux dépenses extraordinai-res qu’il eut à soutenir dans ces conjonctures. J’ai crû devoir rassem-bler ici ces particularité!, n’ayant pas eu occasion de les placer au-tre part.

Le Concile XLII1. Quoi qjj’on eût un Pape reconnu de toutes les Na-

envoye une tions, il n’y avoit pas lieu d’esperer que le Schisme pût être bienAmbassade r

folemnelle àSemis.

j;8.. Fevr.

Windtk.Cap.

57- .Windek Cap.64.

eteint,

(1) On peut voir dans les Anetdotes de Martine diverses Lettres de l’EmpereurRobert 8c de l’Electeur Palatin son Fils au Roi d’Angleterre pour lui demander le pa-yement: du reste de cette dot. Marttn, Antcd, 1 . 1. p. 1701.17.11-.