DE CONSTANCE. Liv. VI. 203
éteint , pendant que Benoit XIII. s’obstineroit dans la prétention 1418,d’être le seul Pape légitime. Cela obligea le Concile à le sommerpar une Ambassade plus solemnelle de céder, & de reconnoître Mar-tin V. en le menaçant de l’y forcer par toutes les peines Ecclésiasti-ques. Le Pape, du conlentement du Concile, envoya pour cet effetAlarnan Achmar , Cardinal de Pise, Légat en Espagne, & de soncôté PEmpereur écrivit aux Rois d’Espagne pour les prier de facili-ter par leur entremise, & par leur concurrence la negotiation duLégat. Mais Adimar n’y fut pas plus heureux que Bernard de Bour-deaux (r) qui avoit été envoyé avant lui dans le même dessein. Benoitfe contenta de répondre qu’on devoit se reposer sur lui du soin de pa-cifier l’Eglise, & qu’il en vouloit conférer lui-même avec Martin cin-quième , puis qu’on en parloir, disoit-il, comme d’un homme si rai-sonnable. Le Cardinal, ne regardant cette réponse que comme une Platt».ri.vaine défaite, fulmina de la part du Concile, & du Pape, par tout b3í * vl’Arragon, des Bulles d’excommunication conrre Benoit, & contre les x ^' n ’deux Cardinaux qui lui restoient encore, lavoir 'Julien Dobla , & Don JDominique de Bonne foi Chartreux, tous deux Espagnols, & s’en re-tourna à Rome, où il mourut en 142.1. Cependant le Roi d’Arra-gon nomma deux Archevêques, & deux Evêques pour aller à unelieue de Peniscole, & s’il se pou volt à Peniscole même, s’abboucheravec Pierre de Lune , pour tâcher encore de le ramener.
Mais l’Histoire nous apprend qu’il survint entre Martin cinquième ,
Lc le Roi d’Arragon un démêlé dont Benoit profita. Auffi-tôt aprèssélection de Martin , Alfonse Roi d’Arragon lui avoit envoyé uneAmbassade pour lui faire quelques demandes, en considération desgrandes dépeníès, que lui, & Ferdinand son Pere, avoient été obli-gez de faire pour la Paix de l’Eglise. Voici à quoi se reduisoient cesprétentions. II demandoit à perpétuité le droit de disposer des Béné-fices de la Sicile & de la Sardaigne, fans être sujet à aucune redevan-ce au Siégé Apostolique, & outre cela une bonne partie de la dixmedes Biens Ecclésiastiques qui appartenoient au Siçge de Rome dansl’Arragon. II demandoit encore quelques Places du Domaine desChevaliers de Rhodes, entre autres Monçon, & Peniscole, Sc ledroit de donner un Grand Maître à quelque autre Ordre de Chevale- a imeftìan*rie. Je ne fai quelle fut la réponse du Pape sur les derniers Articles. Relig-.-ms.Pour celui qui regardoit la Sicile, St la Sardaigne, dont les Papestiroient dix-huit mille florins tous les ans, Martin ne jugea pas à 547 'propos d’aliener un revenu si considérable. 11 offioit seulement deles ceder pour cinq ans au Roi d’Arragon. Ce dernier en fut si irritéque depuis il soutint toujours Pierre de Lune , d’abord fecretteme it,mais dans la fuite tout ouvertement. 11 rappclla même avant la fin
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(*•) ^ est 1s même Bénédictin qui est appesté ailleurs Bernard FAniloit , paresque Bourdeaux appartenoìt alors au Roi d’Ancteterrc,
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