DE CONSTANCE. Liv. VI. ios
XLIV. La réunion des differens partis de l’Eglise Latine sous un 1418.même Chef étoit un acheminement à terminer le Schisme qui duroitdepuis plusieurs siécles entre les Grecs & les Latins. Dans le siecle (j onc jj e> s ***précédent les Grecs avoient fait de grandes démarches pour s’uniravec l'Eglise Latine, espérant d’en obtenir du secours contre les Turcs.L’Empereur Jean Paîeologue avoit lui-même été en Italie où fl avoitdonné une Profession de foi conforme à la créance de l’hglise Latine.
Mais Manuel son Fils qui lui succéda, voyant que toutes ces avancesétoient inutiles, & ayant couru en vain toute l’Europe pour obtenirdu secours, ne fut pas d’humeur à se relâcher sur la doctrine, commeavoit fait son Pere , & on prétend même qu’il écrivit contre l'EgliseLatine touchant la procejjïon du St. Esprit. D’ailleurs le grand Schis-me d’Occident, qui arriva fur la fin de ce siecle-là, n’étoit pas uneconjoncture favorable à cette réunion. Depuis le Concile de Pisequi s’étoit flatté d’avoir éteint ce Schisme par la déposition de Be-noit XIII. & de Grégoire XII. & par sélection à'Alexandre cin-quiéme , Gerfon prononça un Discours devant le Roi de France au Gers. óp. i.nom de l’Université de Paris,où il mettoit la convocation d’un Con- IL t- f 4 '-cile Oecuménique eutre les principaux moyens de réunir l’EgliseGréque avec l’Eglise Latine. Zabarelle avoit aussi mis cette affaire v.d.Hardt.entre celles qui dévoient être traitées au Concile de Constance, aussi T.i.p, 507.bien que l’Empereur, comme cela paroît par la Lettre qu’il écrivitau Roi de France, & que l’on a vûë- au commencement de cetteHistoire. Je ne'foi si les Grecs furent invitez au Concile, ou s’ilsy vinrent de leur propre mouvement. Quoi qu’il en soit, ce fut encetemps-ci, qu’il arriva à Constance une Ambaflàde solemnelle de 19. Fevr.la part de l’Empereur Manuel Paîeologue , & de Joseph Patriarche de ^.d.Hardt.Constantinople, pour faire au Concile des propositions de réunion.
Le Chef de cette Ambassade étoit George Archevêque de Kiovie. IIétoit accompagné de plusieurs Princes Tartares, & Turcs, & dedix-neuf Evêques du Rit Grec. Dacher nous représente ces Evê-ques tonsurez à la Romaine, mais ayant d’ailleurs de longues barbes,
ÔC les cheveux flottans fur leurs épaules. Ils furent reçus avec beau-coup d’honneur, & de solemnité. L’Empereur lui-même, les Prin-ces & tout le Clergé allerent en cérémonie au devant d’eux. Pen-dant tout le temps qu’ils furent à Constance ils y eurent une entiereliberté de faire le service divin selon leurs rites, & leurs cérémonies,dont Reichental nous a donné une assez ample description. Les r ekhm.fdl.Actes ne font aucune mention de cette Ambassade, qui apparemment 46.n’aboutit pas à grand’chose. Dacher, qui étoit présent, témoignedans son Histoire qui est encòre manuscrite, & dont Mr. le DocteurFonder Hagdt nous a fourni des extraits, que tout le monde étoitpersuadé au Concile que cette réunion auroit pu réussir si les Grecsavoient trouvé les choies disposées à Une bonne réformation de l’E-glise.
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