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Tome second.
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204 HISTOIRE DU CONCILE

1718. du Concile les Ambassadeurs qu’il avoir à Constance, Sc leur déscndiel’entrée de son Royaume, parce qu’il les soupçonnoit d’avoir malsoûtenu ses intérêts auprès du Pape, fur tout à l’égard de la Sicile,& de la Sardaigne. 11 fit aussi revenir les Prélats qu’il avoir envoyezà Pierre de. Lune pour tâcher de le ranger à son devoir, & il comblad’honneurs les deux Cardinaux qui étoient demeurez fideles à ce pré-tendu Pontife. Comme Benoit avoir encore plusieurs Créatures enEspagne, cette conduite du Roi d’Arragon fit qu’on s’émancìpa danst ces Royaumes à mal parler du Concile de Constance, de sélection

de Martin Sc de la déposition de Benoit. On difoit par exemple quele Concile n’étoit pas légitime, n’ayant pas été convoqué par uneautorité légitime, qu’il ne l’avoit pas été non plus selon f usage ordi-naire, que tous ceux qui avoienc droit d’y être, ne s’y étoient pastrouvez, que de 800. grands Prélats dont l’Eglile étoit composée, iln’y en avoir pas eu le tiers. On ajoutoit à cela qu’on n’avoit pas agi debonne foi avec Pierre de Lune , qu’il n’avoit point refusé absolumentde ceder, ni dc fe soumettre à un Concile, mais que Constance neI’accommodoit pas, parce que ce n’étoit pas un lieu sûr-, Sc qued’ailleurs il étoit trop éloigne -, que sélection de Martin V. n’avoitpas été libre, ni par conséquent la déposition de Benoits & qu’ainsice dernier étoit le vrai Sc unique Souverain Pontife. Plusieurs mê-me confeilloient à ce dernier, qui étoit fort versé dans les affaires, defe transporter à Rome ou à Avignon, dans Pesperance qu’il y pour-roit trouver assez de mécontens pour se former un bon parti. Le Roid’Arragon n’étoit pas fâché fans doute de ces remuemens, mais com-me il ne vouloir pas passer pour être l’Auteur d’un pareil éclat, il en-voya une autre Ambassade à Martin V. afin d’y réitérer ces deman-des. Tout ce qu’il put obtenir de ce Pape fut que si Alsonse pouvoirfaire sortir Pierre de Lune de Peniscole Sc le ranger à son devoir, illui offroit pour récompense, avec le Fort, Sc la Ville, les revenusdes Bénéfices qui en dépendoient pendant leur vacance. Alsonse plusirrité que jamais répondit qu’il prétendoit bien fe rendre maître dePeniscole, mais qu’il n’uferoit d’aucune violence envers Pierre de Lu-ne. Ce qui fut entre Martin cinquième & Alsonse une semence d’ini-mitiez & de querelles qui ne purent être terminées que par la mort dejíîW. d» vis. Benoit XIII. qui arriva en 1.424. Un Auteur de ce temps-là nousp. 186; apprend une particularité qui,, â ce qu’il prétend, ne contribua paspeu à l’obstination de Benoit. C’est que lorsque ce Pape fe retirad ! Avignon pour aller en Espagne, il rencontra un Abbé qui lui pré-dit qu’après bien des traverses, il iroit enfin à Rome, où il jouïroitpaisiblement du souverain Pontificat. Quand une passion est bien for^te, on reçoit avec avidité tout ce qui la flatte, Sc les plus grandesvisions, ou les plus grossières impostures passent aisément pour des• oracles,. Revenons au Concile.

XLIV.