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Tome second.
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1418.

Le Papeenvoyé unLégat en Bo-hême.

Raynald.X418. 91 , Ç.

TheobaldCap, r.8.

zi 4 HISTOIRE DU CONCILE

LIV. Les Esprits étoient trop irritez, Sc les choies avoient étépoussées trop avant en Boherne, pour pouvoir esperer aucun fruit,ni des menaces, ni des exhortations. Le supplice de Jean Hus , Scde Jeróme de Prague , joint à l’excommunication des Bohémiens,avoir soulevé la plus grande partie du Royaume contre le Siégé deRome, Sc contre le Concile de Constance dont tous les Décréts Scles Lettres ne pouvoient plus servir qu’à allumer le feu. Ce fut vai-nement que Martin cinquième , non content de fa Bulle, Sc de sonBref, envoya depuis Jean Dominique Cardinal de St. Sixte (1), del’Ordre des Freres Prêcheurs, Légat en Boherne,Sc en Hongrie pourramener les Hussites. Ce Prélat fut obligé de s’en retourner fans rienfaire, Sc écrivit à Sigistnond , Seau Pape, que la langue, Sc la plumeétoient déformais inutiles, Sc qu’il ne falloit plus balancer à prendreles armes contre des Hérétiques si opiniâtres. L’Empereur ne pûtpourtant se résoudre à en venir si-tôt à cette extrémité, malgré leconseil violent que liss en avoit donné Gerfon l’année précédente.Après les premiers désordres de Tannée 1417. les Huísites étoient de-meurez en repos, Sc n’avoient rien entrepris de nouveau dans l’espe-rance que le Concile, allarmé de l’éclat que faifoit cette affaire enBoherne, prendroit des résolutions plus douces à leur égard. Mais yayant été trompez ils résolurent enfin de prendre les armes pour la dé-fense de leur Religion St de leur liberté Sc le 6. d’Avril 1418. ils serendirent au Château de Wisgrade pour délibérer ensemble sur les me-sures qu’ils avoient à prendre dans ces conjonctures. Ce fut là qu’ilsrésolurent de députer Nicolas Seigneur de FluJJinetz , qui avoit été leprotecteur de Jean Hus ì au Roi tVenceJlas , pour le supplier de leur ac-corder plus d’Eglises qu’ils n’en avoient, parce que leur nombre aug-mentoit tous les jours. Le Roi fut fort allarmé de cette demande,mais comme il craignoit qu’on ne le mît en prison pour la troisièmefois, il fit bonne mine à mauvais jeu, Sc leur dit de revenir au boutde trois jours pour être instruits de fa résolution. Cependant ayantfait dire à Nicolas , qu’il filoit une corde qui serviroit à le pendre , Ni-colas , pour agir avec plus de sûreté, se retira de Prague à la campa-gne, où il grossissoit tous les jours son parti. Au bout de quelquesjours le Roi fit savoir aux Huísites par un de ses Conseillers, qu’il étoitfort bien intentionné pour eux, mais que pour marque de leur obéis-sance il vouloir qu’un certain jour marqué ils apportassent leurs armesau Palais, 8c qu’ils les missent bas en fa présence. Les Magistrats,quipour la plûpart étoient Huísites, ne furent pas peu consternez de cet-te nouvelle. En refusant d’obéïr, ils avoient tout à craindre du res-sentiment du Roi. Mais d’ailleurs ils prévoyoient bien que s’ils sai-sissent executer un pareil ordre, le Peuple ne manqueroit pas de sefoûlever pour foûtenir la cause des Huísites. Ziska les tira d’embarras

par

(1) Sur cc Cardinal, voyez Hist. du Cône, de Pise. Part. /.p.ipj. 196.

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