DE CONSTANCE. Liv. VI. zzfpar un Conseil qu’il leur donna un jour qu’il s’entretenoit avec quel- 141S.ques-uns d’entr’eux. Vous êtes bien simples , leur dit—íl 9 de vous tantallarmer. se connois mieux le Roi que vous , il prendra tant de plaijìr àvous voir bien lestes, If bien armez , qu'il aimera mieux vous faire présentde vos armes, que de vous les êter, {f je m'offre de me mettre à votretête quand vous voudrez aller au Palais Roìal. Ce qui fut dit, fut tait,
& le if. d’Avril, les Hufficcs allerenc bien armez au Palais ayant àleur tête Ziska, qui fut en même temps le Chet, & l’Orateur del’Assemblée. Nous voici armêz, Sire, dit-il au Roi, suivant les or-dres de votre Majesté , & tout prêts à répandre jusqu'à la derniere gouttede notre sang contre vos ennemis, pourvû que nous puisions les combitre.
Le Roi charmé du courage, 8c de la résolution de Ziska, les ren-voya tranquillement chez eux, & Ziska de son côté ayant acquispar là toute la confiance du Peuple, commença l’exccution des des-seins qu’il méditoit depuis plusieurs années. C’est depuis ce temps-là que se paíserent tant de Scènes Tragiques dont l’Histoire est rem-plie.
LV. Sur la fin de Fevrier l’Empcreur étoit parti pour Lasse L’Empereuidans le dessein d’y passer quelques jours. Cependant il revint fur sespas dés le lendemain de son départ fans qu’on en fût la véritable rai- st J Hardi.son, à ce que rapporte Dacher. Stumphius prétend que Sigismond T.iv.p, 1531.s’étant trouvé mal en chemin fut oblige de revenir à Constance.
Mais Dacher., qui étoit témoin oculaire des choses, dit que ce ne futqu’à son retour, que ce Prince fut obligé de se mettre au lit pour unmal de pied. Je foupçonnerois donc aisément que ce qui Obligeal’Empereur à rebrousser chemin fut le démêlé qu’avoient les Polonoisavec le Pape au sujet du Livre de Falkenberg, dont ils follicitoient lacondamnation, ce que Martin refufoit toûjours, quoi que ses Com-missaires dans cette cause eussent jugé que ce Livre devoir être con-damné dans une Session publique. Quelque mine que fìt l’Empereur,il est certain qu’il étoit mécontent de Martin V. aussi bien que toutesles Nations, à la réservé des Italiens. Ce Pape commençoit à pren-dre le train de Jean XXIII. & à amuser le monde par des tergiversa-tions & des palliatifs, de forte que si le Concise n’eût pas déja duré silongtemps on auroit peut-être renouvellé à l’égard de ce Pontife lesmêmes scènes qu’à l’égard des trois autres Papes. Quoi qu’il en soit,les Ambassadeurs de Pologne voyant que dans ses Lettres Synodiquesque 1 e Pape envoya aux Inquisiteurs de la foi dans ce Royaume, il ne Sur lafindefaisoit aucune mention du pernicieux Livre de Falkenberg, déclare- Fo-rent qu’ils ctoient résolus à en appeller au Concise prochain.
LVI. Cependant Martin V. à l’exemple de Jean XXIII. Le Papetachoit de gagner Sigismond par des préfens, & par de vains hon- donne la Ro-neurs. Le sixième de Mars ce Pape consacra solemnellement la Rose St ~
d'or, qu’il montra au Peuple en grande Cérémonie, ôc en lui donnant 2
Tome II. F f sa \£mhal