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Tome second.
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14 r S.

Sentimentdu Cardinalde Cambraifur les Pro-positions deGrabon.

Sentimentde Gerson furle même su-jet.

LZ 8 HISTOIRE DU CONCILE

LXV. Le Pape donna Pexamen de ces Propositions au Cardinalde Cambrai, Sc à Gerson. La réponse du Cardinal est adressée au Papelui-mcme. Ce savant Sc judicieux Prélat lui représente qu’il seroitbon d’assembler les 1 háologiens du Concile, pour délibérer ensemblesur une matière qui est de Foi, asin que chacun en pût dire son avisen public, Sc non dans une Assemblée particulière. 11 ajoute qu'il ena ui.é ainsi dans toutes les questions de foi, où il a été nommé. Com-missaire, Mais que cependant comme il pourroit arriver qu’il ne se-roit pas présent à cette délibération, il en dira son sentiment, qui seréduit aux Articles suivans. i. Que k fondement principal de la doctri-ne de Grabon est contraire non seulement à la Raison, ■ & à la Tbéologitmorale, mais aitjst à la pratique de VEglise pnimitive, ce qu’ii prouvepar le Chapitre IV. des Aétss, où il paroît que des gens de toute for-te de condition, qui étoient mariez Sc qui n’étoient nullement dansîes Vœux Monastiques, mettoient leurs biens en commufi. z. QueGrabon avance une fausseté & une hérésie, en disant que les Religionsinsituées par St. Basile, par St. Benoit ,{Q par St. Augustin, font lesseules vraies Religions , puis que ìa Religion Chrétienne n'est pas moins unevraie Religion quand elle est bien observée par des Séculiers , que quand onen fuit les Régies dans un Couvent, z. II ajoute, que dans l’Lcrit deGrabon, il y a plusieurs Propositions scandaleuses, téméraires , & in-solentes , comme, par exemple, de traiter d’bérésie, ce qui est con-traire à fa Proposition générale, 8c de dire que des Séculiers ne sau-roient vivre sans avoir du bien qui soit à eux en propre, Sc que c’estun péché mortel que d’aller contre le Droit Canon. 13’où le Cardi-nal conclut.que les Propositions de Grabon font hérétiques, (Q dignesdu feu , laissant aux Jurisconsultes le jugement de ce qui regarde lapersonne de Grabon lui-même.

LXVI. Quant à Jean Gerson,il paroît par le titre de son Ecritque trois des plus habiles Doéleurs de diverses Universitez l’avoientapprouvé. II l’adresse au Cardinal de‘Verone, qui lui avoit commisl’examen de cette affaire de la part du Pape. Gerson déclare d’abordqu’il a lu là-dessus le sentiment du Cardinal de Cambrai, lequel il ap-prouve entierement, Sc il y joint le sien en six Propositions, avecleurs preuves, Sc leurs Corollaires qu’il faut abréger. La premkre,c’est qu'on ne peut appeller proprement, ô? par excellence Religion Chré-tienne que celle que Jésus■ Christ a enseignée, observée de la maniéré laplus parfaite. La seconde,c’est que la Religion Chrétienne n'oblige pointà la pratique des Conseils Evangéliques, ni par vœu , ni fans vœu, par cequf autrement ce ne feraient pas des Conseils , mais des Commandemens.La troisième, Que la Religion Chrétienne se peut observer trés-parfaite-ment fans aucun vœu qui oblige à la pratique des Conseils , puisque Jesus-Christstes Apôtres, fj? les premiers Chrétiens n'ont jamais fait de pareilsvœux. La 4. Que pour observer îa Religion Chrétienne, tant à Végarddes Commandemens qu'à l'égard des Conseils , il n est point necest'aire d'a-

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