DE CONSTANCE. Liv. VI. 243
étoit à charge. Elle lui fut fournie par la mort de Guillaume sonFrere, Comte de Hainaut, de Hollande, & de Frise, arrivée en1417 . Ce dernier n’ayant point laissé d’Enfans mâles, Jean crûtêtre en droit de revendiquer ces Provinces, & d’en dépouiller Jac-queline fa-Niece, qui s’en étoit mise en posseíîion après la mort deson Pere, du consentement des Etats. J 1 s’étoit même déja emparéde Dordrecht, de Rotterdam, & de la Brille, pour venir plus aisé-ment à bout de ses desseins. Cependant Jacqueline ayant été recher-chée en Mariage par Jean Duc de Brabant ton Cousin germain , el-le n’eut pas de peine à obtenir pour l’époufer une díspenie du Pa-pe qui étoit encore alors à Conílance. D’autre côté, l’Evêque deLiege , fe voyant fur les bras un Concurrent aussi formidable quel’étoit le Duc de Brabant, eut recours à l’Empereur pour être main-tenu dans fes prétentions fur les Etats de fa Niece. II envoya doncdes Ambassadeurs à Constance pour faire diverses propositions tant àl’Empereur qu’au Pape, à qui il resignoit en même temps son Evê-ché dont la posseíîion ne s’accommodoit pas avec le dessein qusil avoirde se marier. La premiere chose qu’ils avoient ordre de demanderde fa part à l’Empereur, étoit qu’il lui donnât en Mariage la Du-chesse de Luxembourg, Niece de l’Empereur, qui étoit demeuréeVeuve par la mort & Antoine Duc de Brabant. Mais comme Jean deBavière étoit Sousdiacre, 8t que (Bailleurs il étoit Parrein d’une Fillede cette Duchesse, ils avoient ordre de prier l’Empereur d'obtenir duPape une double dispense pour ce Mariage. La seconde Propositionqu’ils avoient à faire à Sigismmd étoit, qu’il le déclarât Comte deHainaut, de Hollande,de Zelande & de Frise, soit par droit de Suc-cession, soit en regardant ces Etats comme un Fief dévolu à l’Em-pire par la mort de Guillaume , qui n’avoít point laissé d’Enfans mâ-les. Enfin il prioit l’Empereur d’engager le Pape à casser la dispensequ’il avoit accordée à Jacqueline , pour épouser son Cousin germain.Toutes ces Propositions furent écoutées favorablement. L’Empereurpromit fa Niece à Jean de Bavière , ayant aisément obtenu du Papetoutes les dispenses qui étoient nécessaires pour cela. II lui promitaussi de le déclarer Souverain des Etats qu’il demandoit, autant quecela pourroit s’accorder avec les Privilèges de ces Provinces. On peutvoir dans le Tome IX. des Aâes d’Angleterre les Lettres Patentesde Sigismond en faveur de Jean de Bavière. L’autre Article ne souf-frit pas plus de dissiculté. L’Empereur n’eut point de peine à obtenirdu Pape, qu’il révoquât la dispense qu’il avoit accordée à Jacqueline,& au Duc de Brabant, qui ne laissèrent pourtant pas de se marier.II est vrai que depuis le Pape confirma fa dispense, disant que l’Em-pereur «Tavoit forcé à la révoquer. En effet Windek rapporte qu’ily eut sur cette dispense un entretien HeL vif entre le Pape 8c l’Em-pereur. Ce Prince ayant sû que le Pape avoit donné dispense à Jac-
H h 2 queline
1418.
Bzcv . 1418.». 8 .
Windek Cas,14.